Affiche du film Miquette et sa mère
1898. Croyant que celui qu’elle aime (un jeune comte n’ayant « pas plus de volonté qu’une crème au caramel ») va en épouser une autre, Miquette quitte la boutique qu’elle tient avec sa mère pour tenter sa chance sur les planches à Paris. Le richissime vieil oncle de son prétendant, qui cherche à la séduire, l’accompagne.
Là-bas, elle se fait engager dans la troupe de Monchablon, un vieil artiste un peu cabot.
Unique comédie tournée par Henri-Georges Clouzot, Miquette et sa mère est une parenthèse ludique qui ne manque pas de charme même si c’est loin d’être le genre de prédilection du réalisateur de L’assassin habite au 21. En adaptant une pièce du début du 20ème siècle, le cinéaste se plie à l’exercice de style sans chercher à masquer les origines théâtrales de son scénario. Bien au contraire, jouant à fond la carte du vaudeville, il s’amuse des chassés-croisés de ses personnages et de leurs apartés, confrontant sa mise en scène dans la dernière partie du film (qui est aussi la plus drôle) aux allers et retours incessants des comédiens entre la scène et les coulisses. Si le film n’est pas exempt de quelques longueurs, il tient la distance grâce à des dialogues enlevés qui ne manquent pas de sel…
– Tiens, il pleut pas ?
– Bah pourquoi veux-tu qu’il pleuve ?
– On m’avait dit que c’était une ville d’eau.
… et grâce à l’abattage des interprètes choisis par Clouzot.
Dans le rôle du vieux comédien cabot, Louis Jouvet (dans l’un de ces derniers rôles) en fait des tonnes en roulant les « r », mais il le fait bien. Tout comme ses partenaires : Saturnin Fabre, Mireille Perrey ou la jeune Danièle Delorme, aussi à l’aise au naturel que dans l’excès.
Mais c’est surtout la performance de Bourvil qui fascine. Bafouillant, maladroit et attendrissant tout à la fois, son jeu préfigure la comédie moderne.
Comme ne cesse de le répéter Jouvet dans le film : « Ça, c’est un artiste ! ».

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