Affiche du film Les trois mousquetaires
XVIIème siècle. D’Artagnan, un jeune gascon, arrive à Paris pour devenir Mousquetaire, comme son père.
En chemin, il va rencontrer l’amitié, l’amour et l’aventure.
Après les Beatles, Richard Lester s’intéresse à quatre autres garçons dans le vent… de l’Histoire cette fois.
Mais, devant sa caméra, le récit de Dumas prend une dimension picaresque et bouffonne inédite. Des personnages (D’Artagnan devient un grand dadais impulsif et gaffeur tandis que sa bien-aimée, Constance, se transforme en une gourde maladroite) jusqu’aux péripéties autour des ferrets de la reine, tout est prétexte à gags. Une veine comique proche du burlesque – à base de courses poursuites, de bagarres et de chutes – mais au résultat parfois bancal. Si certaines idées font mouche comme ce faux affrontement entre Aramis et Porthos afin de voler les victuailles d’une auberge, d’autres fonctionnent moins bien, à l’image de ce ridicule duel nocturne entre d’Artagnan et Rochefort à la lumière de leurs lanternes.
Dans ce premier volet centré autour de d’Artagnan et de ses amours avec Constance Bonacieux, Michael York se sort plutôt bien d’un rôle principal délicat, en équilibre entre panache et ridicule. Il forme un joli couple avec Raquel Welch qui compose, avec aplomb, une Constance délicieusement godiche. Les interprètes des trois mousquetaires laissent plus perplexe, sans doute parce qu’ils sont un peu trop secondaires par rapport à l’intrigue. Richard Chamberlain est un bien fade Aramis et Franck Finlay manque de truculence et de corpulence dans son incarnation de Porthos. Heureusement, Oliver Reed campe un séduisant Athos grâce à sa présence magnétique et à son jeu désenchanté.

Photo du films Les trois mousquetaires
Face à eux, les méchants manquent singulièrement de présence. Faye Dunaway semble promener sans but sa beauté évaporée et Christopher Lee n’est guère inquiétant dans la peau du redoutable comte de Rochefort. Seul Charlton Heston, en Richelieu retors et pragmatique, parvient à tirer son épingle du jeu.
Pourtant, avec son ton décalé et ses côtés réalistes rarement montrés dans les films de cape et d’épée, Les trois mousquetaires, offre un divertissant spectacle rythmé par la musique de Michel Legrand.
De l’arracheur de dents travaillant dans la rue au pot de chambre vidé depuis la fenêtre d’une maison. De la pratique du jeu de paume aux distractions du roi et de la reine, Richard Lester redonne vie à un XVIIème siècle aussi crasseux que pittoresque. Une originalité que l’on retrouve jusque dans les duels à l’épée où tous les coups sont permis et où les combattants finissent tous essoufflés. Des affrontements qui s’apparentent plus à des bagarres de chiffonniers qu’à des chorégraphies parfaitement huilées. Finalement, seuls l’architecture et les décors naturels – superbes au demeurant – choquent parfois l’œil et trahissent l’origine espagnole du tournage.
Pas de quoi bouder son plaisir devant ces aventures trépidantes qui restent l’une des plus belles adaptations cinématographiques du roman d’Alexandre Dumas.