Pour pouvoir continuer à voler dans ses chers avions de chasse, Pete Maverick Mitchell a toujours refusé de monter en grade préférant piloter des prototypes quitte à aller aux vaches*. Alors qu’il pense se faire renvoyer de la Marine pour un nouveau coup d’éclat, on lui propose d’assurer l’entraînement, pour une mission à haut risque, de jeunes pilotes diplômés de l’école Top Gun.

Certains étaient déjà abattus à la nouvelle de cette suite de Top Gun tandis que d’autres s’imaginaient déjà tirer le manche en direction des queues qui ne manqueraient pas de se former devant les cinémas.
Si les files d’attente ont bien été au rendez-vous, difficile, cette fois, de piquer du nez devant cet habile remake qui ne joue pas dans la classe économique.
Signe des temps, si Joseph Kosinski met le holà sur les scènes de vestiaires, les petites serviettes nouées autour de la taille et les grosses allusions aux doubles queues ou aux avions bipoutres, il parvient néanmoins (l’honneur est sauf) à placer quelques allusions sexuelles que même un pilote de chasse complètement myope et astigmate repérerait. Le concours de quéquettes s’opère ici derrière une partie de billard tout en frôlement de queues et de boules, tandis que le petit Tom (qui malgré son âge a toujours le vent en poupe) montre qu’il sait aussi tenir bon la barre (à roue) histoire de faire frémir sa nouvelle conquête.
Bref, pas de toucher de queue* à déplorer dans ce récit rondement mené où les acteurs payent vraiment de leur personne dans des avions de chasse filant dans les airs. Même si l’on peut reprocher la composition United Colors of Band de Cons des jeunes diplômés (à savoir : un binoclard, un beau gosse forcément tête à claque, une femme, un noir et un moustachu), l’absence peu crédible de pertes humaines chez nos héros et un final au goût de déjà-vu lorgnant sur celui de La guerre des étoiles.
Mais le plus gênant reste, quand même, de s’apercevoir en cours de visionnage que l’hymne de Top Gun, composé par Harold Faltermeyer, a été repris par le groupe Soldat Louis avec son titre : Du rhum des femmes. De quoi vous plomber la séance, nom de dieu.

Termes d’argot aéronautique militaire ayant servis à cette critique :
Un toucher de queue : lors d’un atterrissage ou d’un décollage, lorsque la queue de l’avion touche le sol.
Aller aux vaches : poser un aéronef sur un terrain non destiné à cet usage.