Affiche du film Le redoutable
De sa rencontre avec Anne Wiazemsky en 1967 aux évènements de mai 68, les états d’âme amoureux et politiques d’un cinéaste nommé Jean-Luc Godard.
En dépit de sa mise en scène inventive et de son comédien épatant, il faut bien admettre que Le redoutable peine à faire rire et ne parvient jamais vraiment à susciter autre chose qu’un intérêt poli.
Sans doute parce que la vision que donne Michel Hazanavicius de son personnage (un faux cul égocentrique qui aime s’écouter parler au point d’en perdre le fil de sa pensée) se complaît en permanence dans la caricature sans que l’on ne décèle jamais la moindre empathie pour lui.
Sans doute, aussi, parce que l’histoire d’amour avec sa compagne, interprétée par la fade Stacy Martin, ne suscite que peu d’émotion.
Pour que la charge soit vraiment féroce, il eût sans doute fallu qu’elle soit contemporaine aux évènements relatés. 50 ans plus tard, mai 68 n’est plus qu’un décor et les tergiversations de Jean-Luc Godard n’intéressent plus grand monde, hormis les historiens du cinéma ou quelques cinéphiles bon teint.
Bref, c’est à une comédie pour initiés à laquelle on a affaire, qui plaira surtout aux détracteurs du cinéaste et fera bâiller les autres.
En musique, il y avait Gainsbourg et Gainsbarre.
Au cinéma, pour Hazanavicius, il y eu Godard la guêpe qui aiguillonna le cinéma français, puis Gros dard, le bourdon suisse aux discours ronronnant, qui entreprit de se piquer de politique.
Cette seconde période était-elle la meilleure à porter à l’écran ?
A vous de voir… Ou pas.