Affiche du film Le Miraculé
Renversé par une voiture, un chiffonnier sans scrupule décide de jouer au paraplégique pour toucher l’argent des assurances. Roublard, il entreprend de descendre à Lourdes pour simuler un miracle et retrouver l’usage de ses jambes, histoire de gagner sur tous les tableaux. Mais c’est sans compter sur l’obstination de Ronald Fox-Terrier, un assureur muet bien décidé à faire éclater la supercherie.
Miracle !
Après un passage à vide à la fin des années 70 et au début des années 80, Jean-Pierre Mocky effectuait son grand retour avec ce film qui renoue avec l’humour absurde et la verve anarchiste qui faisaient tout le sel de ses grandes comédies des années 60 : d’Un drôle de paroissien (1963) (dont on retrouve ici la veine anticléricale) à La grande lessive (1968), en passant par Les Compagnons de la Marguerite (1967).
Tics langagiers, bruits de bouche et seconds rôles aux physiques très typés : toutes les petites marottes du réalisateur de La cité de l’indicible peur (1964) sont ici au rendez-vous avec, en prime, le retour gagnant de deux grands comiques dans les rôles principaux (la mort de Bourvil et de Francis Blanche, habitués de chez Mocky, avait un peu privé le cinéaste de ses gueules favorites).
En reformant le duo Poiret/Serrault pour les besoins de son film, le cinéaste fait mouche et le plaisir qu’éprouvent les deux acteurs à rejouer ensemble, après plusieurs années de séparation, est réellement communicatif. Ils en font des tonnes pour notre plus grand plaisir, habilement secondés par une hilarante Jeanne Moreau. A ce titre, la scène de « la branlette sifflée » reste un moment d’anthologie dans un film parfois inégal. Sans doute parce que Mocky ne se refuse rien et ose tout, quitte à trop en faire.
A l’époque de sa sortie, certains catholiques avaient accusé Le Miraculé (sorti le jour de la Sainte Bernadette) de critiquer Dieu et ses miracles. Il n’en est rien ! D’ailleurs, Mocky semble plutôt nous dire qu’il y croit, à sa façon. Une guérison a bien lieu et les méchants ne l’emportent pas au paradis. S’il y a critiques, ce sont contre les hypocrisies des hommes : marchands du temple et leur tourisme religieux ou représentants de l’église qui veulent paraître plus irréprochables que Dieu lui-même.
Comme le chantent les pèlerins pendant leur voyage « Mais oui le seigneur est bon… » car, malgré ses nombreux défauts, Le Miraculé est un film qui réjouit par sa liberté de ton. Véritable ovni au regard des comédies aseptisées qui pullulent, depuis, sur nos écrans.
Et n’allez surtout pas croire que Satan m’habite…

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