Angela est sourde, Hector est entendant. Ils forment un couple épanoui et heureux malgré leur différence. Mais la naissance de leur premier enfant inquiète Angela : saura-t-elle créer un lien avec sa fille ? Comment apprendre à devenir mère dans un monde qui oublie si souvent d’inclure ceux qui n’entendent pas ?

Voici un joli film qui questionne la place des sourds dans la société et aborde avec intelligence leur difficulté à s’adapter dans un environnement (familial ou professionnel) qui ne prend pas vraiment en compte leur handicap et ses problématiques. Il aborde plus particulièrement la maternité, l’accouchement et l’éducation d’un enfant dans un monde conçu par et pour les personnes entendantes.
Bien documenté, le récit nous fait pénétrer au cœur d’un handicap qui isole du reste du reste de la société tout en nous faisant partager la bonne humeur d’une communauté où règne l’entraide.
Si Sorda n’est pas exempt de quelques longueurs, La réalisatrice (impeccablement épaulée par sa sœur sourde, Miriam Garlo, a qui elle a donné le rôle principal) offre néanmoins un film solaire et sensuel qui s’attache à mettre en avant le langage des signes tout en proposant de belles idées de mise en scène, à l’image de ces scènes immersives où le spectateur se retrouve lui aussi privé de son. Un beau et émouvant voyage porté par la jolie chanson de Verde Prato : Neskaren kanta.