Après dix ans de siège, la guerre de Troie prend fin grâce à une ruse imaginée par Ulysse, le roi d’Ithaque. Alors que les chefs grecs regagnent leur royaume, Ulysse et ses hommes se perdent en mer et affrontent de multiples dangers. Ulysse parviendra-t-il à rentrer chez lui à temps pour sauver sa femme Pénélope et son fils Télémaque des nombreux prétendants qui se sont installés dans son palais dans l’espoir de prendre son trône ?

Avec ses images grandioses, ses somptueux décors naturels et ses nombreux figurants, Christopher Nolan réhabilite le péplum et les films mythologiques de la plus belle des manières, sans fond vert et avec des effets spéciaux au service du récit et non l’inverse.
Évitant de tomber de Charybde en Scylla, le cinéaste mène sobrement son navire entre les nombreux écueils qui pouvaient menacer l’adaptation de cette épopée maritime.
Certes, à la différence d’Homère, Nolan utilise des raccourcis scénaristiques pour faire rentrer son héros à bon port, mais il le fait avec sérieux et un indéniable sens du spectacle pour ne jamais ennuyer le spectateur, en dépit de la durée excessive de son film et d’une mise en scène qui ne dédaigne pas l’emphase.
Alors même si l’équipage d’Ulysse semble tout droit venir de Benetton sur Ithaque et que les femmes y sont le plus souvent représentées comme des traîtresses sauf maman Pénélope, cette quête intérieure d’un héros revenu de tout reste hautement recommandable, portée par la performance tourmentée de Matt Damon. L’Odyssée est incontestablement le meilleur film de Christopher Nolan depuis Memento et The Dark Knight.