Cette seconde partie, qui se focalise sur les années 1943 et 1944, relate la lente ascension de Charles de Gaulle pendant la seconde guerre mondiale avec l’aide de la résistance et de la deuxième division blindée du Général Leclerc.

Toujours aussi efficace et didactique, cette seconde partie de La Bataille de Gaulle se penche de manière plus approfondie sur la figure du Général de Gaulle mais en ne proposant plus, hélas, ces fameuses scènes décalées qui faisaient le charme du premier opus.
Cette mise en avant du grand Charles, toujours parfaitement interprété par Simon Abkarian, a pour effet de reléguer au second plan ses rapports conflictuels avec Roosevelt et Churchill dont on ne saisit pas toujours très bien les motivations. Même si le réalisateur nous fait bien comprendre que le projet étasuniens avait surtout été pensé pour que la France et les Européens deviennent les vassaux des USA. Heureusement, les parties consacrées à Jean Moulin et au général Leclerc (Félix Kysyl et Niels Schneider, tous deux impeccables) sont plutôt réussies tandis que les scènes de bataille s’avèrent plus convaincantes que dans la première partie.
Cependant, en dépit des 2h37 de films, le scénario a cette fois du mal à illustrer pleinement les deux années qu’il aborde et paraît trop succinct dans la description des préparatifs du débarquement et dans ceux de la libération de Paris. Autre étrangeté, déjà présente dans L’Âge de fer et confirmé par cette suite, la présence presque anecdotique des femmes dans ces deux films. Hormis, Livia, la résistante, et les ambulancières venues rejoindre Leclerc, peu d’entre elles sont développées à l’écran alors qu’elles furent essentielles, notamment dans la résistance. Plus étrange encore est le remplacement de la secrétaire de de Gaulle en Angleterre par un personnage masculin incarné par Karim Leklou ou le peu de cas fait, dans la première partie, de Susan Travers que l’on aperçoit à l’écran mais dont le nom n’est même pas cité. Elle fut pourtant la conductrice personnelle du Général Koenig à Bir Hakeim et la seule femme membre de la légion étrangère. La guerre, une histoire d’hommes ? C’est ce que pourrait laisser penser les deux films d’Antonin Baudry qui n’en restent pas moins réussis dans leur évocation d’une page de l’Histoire de France méconnue de beaucoup et néanmoins fondamentale.