Affiche du film Un drôle de paroissien
Aristocrate sans le sou, Georges compte sur un signe du ciel afin de subvenir aux besoins de sa famille pour qui le désœuvrement est un art de vivre sacré.
Une étrange illumination lui vient bientôt pour rendre la fortune aux siens : devenir pilleur de troncs dans les églises.
Surprenante décision pour ce fervent catholique. Mais, après tout, les voies du seigneur sont impénétrables…
N’attendez pas d’aller : Au ciel, au ciel, au ciel pour aller le (re)voir un jour ce Drôle de paroissien.
Si les troncs d’église font certainement moins recette qu’à l’époque, le discours gentiment immoral de Jean-Pierre Mocky reste toujours d’actualité.
Pour son cinquième film, le cinéaste affine le ton caustique qui sera sa marque de fabrique et brocarde gentiment ses fins de race sans scrupule tout en ridiculisant les flics qui les pourchassent, les renvoyant dos à dos dans la pratique de leurs activités.
La mise en scène sobre et sans fioriture (à l’exception d’un rêve en couleur au milieu de ce film en noir et blanc) contraste parfaitement avec les excès d’un récit qui ne cache pas une certaine tendresse pour ces pilleurs de tronc pleins de grands principes. Georges ne vole pas les gens puisqu’il récolte uniquement des dons faits de plein gré. Et comme l’église est censée redistribuer ses biens aux plus démunis… Charité bien ordonnée commence par lui-même !
Un raisonnement tordu que Bourvil s’approprie avec gourmandise en campant un Georges au verbe onctueux et à la démarche raide. Une étonnante performance d’acteur solidement épaulée par un Jean Poiret rigolard, un Francis Blanche chafouin et des seconds rôles qui ont vraiment de la gueule.
Facétieux et d’une belle liberté de ton, Un drôle de paroissien revendique bien haut le droit à la farce et au poil à gratter. Valeurs qui ne sont plus, hélas, en odeur de sainteté…