Une étrange porte apparaît dans le sous-sol d’un magasin de meubles. Elle donne accès à un inquiétant monde parallèle constitué d’une enfilade de bureaux aux dimensions bizarres et à l’ameublement hétéroclite.

L’expérience Backrooms ressemble à une interminable déambulation dans les couloirs d’un Ikea désert dont on chercherait la sortie.
Principale qualité du film, le décor, aussi étrange que familier, fait naître l’angoisse grâce à un travail habile sur les sons et le hors champ. À la manière de Exit 8 sorti l’année dernière (avec ses personnages piégés dans un long couloir de métro), Kane Parsons joue avec les nerfs et l’imagination des spectateurs qui se demandent ce qui les attend au détour de la prochaine salle.
Une qualité qui est aussi son principal défaut puisque le décor finit par prendre le pas sur toutes les vaines agitations des protagonistes ainsi que sur leurs ridicules considérations psychanalytiques censées donner au film des airs intelligents. Lynch l’avait bien compris. Au cinéma, la psychanalyse à deux balles est toujours un bon moyen pour éviter au cinéaste de répondre aux questions qu’il lance (et auxquelles il n’a souvent pas de réponses) tout en donnant l’impression au public qu’il a assisté à un spectacle brillant puisque le manque de clés l’oblige à faire travailler son imagination et à échafauder des théories.
D’abord intriguant, Backrooms finit par s’engluer dans sa mise en place originale et se saborde, dans la dernière partie, en matérialisant son hors champ qui prend la forme d’un capitaine croquemitaine plus désolant que flippant. Quant à la fin, ouverte comme il se doit, elle permet surtout à Kane Parsons d’envisager une suite qui ne devrait pas tarder à être mise en chantier vu le succès de son film en salles.
Cette angoissante curiosité aux allures de hall d’exposition discount devrait séduire tous ceux qui apprécient les propositions horrifiques au rabais.