
1651. Louis (pas encore XIV) est un jeune adolescent. Alors que la Fronde menace, sa mère Anne d’Autriche décide d’exfiltrer son fils pour le mettre à l’abri et le remplace par un sosie. Louis est confié par D’Artagnan à Cyrano de Bergerac qui le cache au sein de la troupe de théâtre de Madeleine Béjart et Molière. Tandis que Madeleine et Cyrano se découvrent une passion commune pour le jeune Molière, Louis découvre la vie et ses plaisirs, l’art et le travail, le courage et la stratégie, tout ce qui fera de lui le Roi Soleil.
Avec Les caprices de l’Enfant Roi, Michel Leclerc abandonne sa veine sociale et politique pour nous offrir son premier film en costumes. Autour d’un sujet peu abordé au cinéma, celui de la Fronde, il organise l’improbable rencontre entre D’Artagnan, Savinien de Cyrano de Bergerac, Madeleine Béjart, Molière et le jeune Louis XIV à la manière d’Abel Gance qui, en 1964, avait déjà imaginé une confrontation entre les deux bretteurs dans Cyrano et D’Artagnan.

Si le film séduit par son ton picaresque et l’implication convaincante de ses interprètes, il captive moins dès qu’il s’essaie au mélange des genres. Oscillant entre comédie de cape et d’épée, romance, récit d’apprentissage et drame (le tout ponctué de phrases volontairement anachroniques mais pas toujours bienvenues), le cinéaste court trop de pistes sans jamais vraiment se décider sur le chemin à prendre. Pourtant, même si les combats à l’épée sont vite expédiés, Les caprices de l’Enfant Roi ne manque pas de charme avec ses dialogues savoureux et sa bonne humeur. Il donne, en tous cas, le fol espoir d’un renouveau du film de cape et d’épée français déjà amorcé avec Les trois mousquetaires de Martin Bourboulon.