Affiche du film La mort dans la peau
Voilà deux ans que Jason Bourne et Marie sillonnent la planète pour échapper à la traque dont ils sont l’objet. Une pause de courte durée puisqu’un tueur a retrouvé leur piste en Inde.
Pris au piège d’une machination qui vise à protéger une taupe au sein de la CIA, l’ancien agent n’a d’autre choix que de reprendre les armes…
La mort dans la peau n’est pas qu’un nouvel épisode des aventures de Jason Bourne mais bien une suite directe à La mémoire dans la peau qui approfondit le passé trouble du personnage et soulève, un peu plus, le voile amnésique qui recouvre encore sa véritable identité. Tony Gilroy, toujours en charge du scénario, mêle habilement les figures imposées du film d’action à la quête de son héros dont la soif de vengeance se transforme, au fil de ses découvertes, en un besoin viscéral de demander pardon pour ses fautes passées. Une évolution qui rend le personnage encore plus attachant, toujours incarné avec conviction par un Matt Damon qui semble murir en même temps que son alter ego. Les vêtements sombres et le teint de plus en plus blême, il rend toujours aussi crédible son super agent aux allures de monsieur tout le monde.
Paul Greengrass, qui a pris la place de Doug Liman derrière la caméra, apporte à l’aide de ses prises de vue façon documentaire – caméra à l’épaule ou embarquée au cœur de l’action – une forme d’énergie brute en parfaite adéquation avec un récit qui n’hésite pas à asséner un véritable coup de théâtre dès le début du film, histoire de bien faire comprendre au spectateur que tout peut arriver.
Sous la houlette du réalisateur de Bloody Sunday, les affrontements deviennent encore plus rugueux et les courses-poursuites plus immersives. Trop, peut-être. L’image, secouée ou recadrée en permanence, si elle apporte de l’énergie aux plans donne à l’ensemble un côté brouillon qui tend à devenir agaçant. Tandis que la recherche de réalisme (Matt Damon effectue lui-même ses cascades) achoppe parfois sur la vraisemblance de certaines scènes, notamment la mémorable – mais très improbable – poursuite automobile en Russie.
Malgré ces quelques bémols, La mort dans la peau impose définitivement, grâce à son supplément d’âme, la suprématie de Bourne sur les autres espions musclés de l’époque.