Matthew Quigley, fine gâchette américaine, répond à l’annonce du riche propriétaire australien Elliott Marston qui recherche un excellent tireur pour éliminer les dingos qui saccagent ses terres. Mais, une fois sur place, il se rend compte qu’il ne s’agit pas d’exterminer les dingos, mais des Aborigènes…

C’est à un joli western australien que nous convie Simon Wincer qui reprend habilement à son compte tous les codes inhérents au genre en les transposant au pays des kangourous. On y retrouve le cowboy bourru mais intègre, la jolie dame en détresse, des chevauchées dans d’imposants décors naturels, des traversés de déserts, des duels au soleil et un peuple opprimé par des colons venus voler leur terre. À ceci près qu’ici, les Amérindiens sont remplacés par les Aborigènes.
Avec sa mise en scène ample, le cinéaste renoue avec les films d’aventure à l’ancienne tout en insérant dans son propos, peu de temps avant la sortie de Danse avec les loups, un message humaniste emprunt d’une certaine noirceur. Dommage que ce message serve surtout de toile de fond au récit et ne soit jamais vraiment développé, ni approfondi.

Heureusement, le film peut s’enorgueillir d’un beau trio d’acteurs. Si le couple formé par Tom Selleck et Laura San Giacomo fonctionne à merveille, c’est surtout la confrontation entre Selleck (parfait en héros flegmatique et pince-sans-rire) et Alan Rickman (dans un nouveau numéro mémorable de méchant qui semble annoncer le délirant shérif de Nottingham de Robin des Bois, prince des voleurs) qui marque les esprits. Le film fait, en tous cas, regretter que Tom Selleck n’ait pas eu la carrière cinématographique qu’il était en droit d’attendre, vu son indéniable présence et son capital sympathie.
Aussi plaisant que dépaysant, Monsieur Quigley l’Australien a plutôt bien pris la patine du temps et reste un divertissement de qualité à (re)découvrir.