L'Amour est une grande aventure
Zach, ancien écrivain à succès, alcoolique notoire et séducteur invétéré, est chassé du domicile conjugal par sa femme qu’il a trompé une fois de trop.
De nouveau célibataire, il entreprend une analyse, bien décidé à reconquérir son épouse. Malheureusement, les bonnes résolutions prises sur le divan ont fortement tendance à se dissoudre dans les bouteilles d’alcool et les bras des jolies femmes qui passent à sa portée.
Avant dernier film de Blake Edwards (si l’on excepte l’ultime et médiocre Fils de la panthère rose avec Roberto Benigni, sorti directement en vidéo), L’Amour est une grande aventure renoue avec certains thèmes de prédilection du réalisateur comme la difficulté des relations amoureuses (déjà abordée dans Diamants sur canapé ou Elle) ou l’alcoolisme (traité avec légèreté dans Boire et Déboires et de façon beaucoup plus sombre dans Le jour du vin et des roses).
Loin de ses grandes comédies des années 60/70, Edwards tente de retrouver la veine douce-amère qu’il avait si brillamment mise en scène au début de sa carrière avec l’adaptation du roman de Truman Capote : Breakfast at Tiffany’s. Hélas, sans la même réussite.
John Ritter a beau se démener, il n’a pas le charme de Cary Grant ou de Tony Curtis ni la puissance comique d’un Jack Lemmon ou d’un Peter Sellers. Et c’est bien là le drame de Blake Edwards : ne pas avoir su retrouver, à l’aube des années 80, de grands acteurs pour jouer sa partition comique.
Malgré tout, L’Amour est une grande aventure retrouve, par instant, la patte burlesque du réalisateur de Victor Victoria avec ses fameux gags à retardement (la séance de stimulation électrique corporelle) et ses répliques savoureuses (invité à un dîner où il se sent très mal à l’aise, Zach demande au serveur qui lui remplit son verre : « Faites plus d’allers retours ou apporter-moi un grand verre !»).
La galerie de personnages chers à Edwards est également présente : comme dans Elle, le barman philosophe prodigue ses conseils au héros, tandis que serveur cabot et vieille dame mal embouchés viennent lui pourrir l’existence.
Mais si le film a marqué les esprits, c’est surtout pour sa fameuse scène des préservatifs phosphorescents. Avec cette « brillante » trouvaille visuelle, Blake Edwards prouve qu’il n’a rien perdu de sa maestria comique, ni de son talent à se jouer de la vulgarité sans jamais y sombrer. Surtout, il confirme avec ce gag qu’il sait rester en prise sur son temps. Un peu trop même, car le film, très daté années 80, pèche parfois par sa superficialité ainsi que par les coiffures et les tenues ringardes des protagonistes.
Quoiqu’il en soit, plus de 20 ans après sa réalisation, L’Amour est une grande aventure garde la même acuité sur les rapports amoureux et reste toujours d’actualité. La preuve ? La série Californication s’est largement inspirée des aventures de Zach, l’écrivain volage et alcoolique, pour créer le personnage de Hank Moody interprété par David Duchovny.
Après la nouvelle version de La panthère rose, c’est bien la preuve que l’humour et la vision désenchantée du monde qui parcourent une grande partie de l’œuvre de Blake Edwards sont finalement intemporels.

Un grand merci à Charles-Antoine sans qui cette critique aurait été beaucoup moins précise.

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