
Trois jours avant le Jour J, alors que les Alliés s’apprêtent à lancer le plus grand débarquement jamais organisé, une violente tempête menace de faire échouer l’opération. Le général Eisenhower et le capitaine James Stagg, météorologue, font alors face à un choix impossible : attaquer malgré l’incertitude… ou risquer de perdre la guerre.
Difficile de faire des prévisions devant ce film de guerre, hors radar, qui fait le choix de s’intéresser aux nuages plutôt qu’aux affres des soldats qu’on allait conduire sur les plages, à quelques jours du débarquement. Pourtant, loin d’être nébuleux, Pressure sait tenir en haleine grâce aux forces de pression en place. Si le scénario surprend en nous faisant découvrir comment des hommes, dans l’œil du cyclone, ont choisi la date du 6 juin (petite fenêtre de tir au milieu d’une météo en délire), il a aussi le mérite de nous rappeler que même la plus grande armada élaborée par l’homme n’est rien face aux forces de la nature.
Tiré d’une pièce de théâtre, le film d’Anthony Mars sait nous faire oublier son huis-clos pour mieux nous emporter dans un tourbillon d’ordres et de contre-ordres qui ne nous lâche plus jusqu’à la fin. S’attachant aux divergences de point de vue entre les différents protagonistes, le récit captive surtout lors des confrontations houleuses entre le général et le météorologue qui ne manque pas d’air. Il faut dire que Brendan Fraser et Andrew Scott y sont particulièrement convaincants.
En dépit de sa mise en scène un peu terne et de quelques moments qui prêtent à sourire (l’attaque ridicule d’un GI contre une mitrailleuse allemande), Pressure apparaît comme un petit anticyclone dans un genre qui manque parfois d’atmosphère.
Bonjour Marcorèle, un film en effet agréable à voir. Très classique et passionnant avec du suspense et pourtant on connait la fin. Les acteurs sont tous très bien. Bon dimanche.
C’est toujours un régal de te lire, et ton envolée métaphorique sur ce « petit anticyclone » qui sait amener de l’atmosphère tape dans le mille ! On se rejoint totalement sur l’intérêt du contre-pied : délaisser le vacarme des plages pour ausculter l’angoisse du baromètre et la solitude des décideurs face aux éléments déchaînés offre une tension redoutable. Je partage d’ailleurs pleinement ton enthousiasme sur le face-à-face : Andrew Scott habite cette fébrilité avec une grande intensité, et Brendan Fraser apporte une présence magistrale à Eisenhower.
Là où nos regards se croisent de façon amusante, c’est sur la forme. Tu pointes avec raison une mise en scène parfois un peu terne et cette incartade martiale incongrue face à la mitrailleuse, tandis que j’avais pour ma part ressenti l’étau d’un montage chirurgical, mais bridé par la rigidité de son origine théâtrale et un contradicteur américain un poil trop binaire. Reste qu’en matière de suspense météorologique, le baromètre tient sacrément en haleine !
Merci pour ce billet bien tourné et à très vite sur ton blog !