
Elliot, un jeune homme naïf en « quéquête » de sens, décroche le poste de ses rêves auprès d’Erika Tracy, artiste provocatrice et figure incontournable de la scène artistique. Lorsqu’elle décide de faire de lui sa « muse sexuelle », ses fantasmes les plus audacieux semblent devenir réalité. Mais cette relation l’entraîne bientôt dans un univers trouble où se mêlent désir, obsession, pouvoir, manipulation et trahison…
Ceux qui espéraient entendre la voix de George Michael et sa fameuse chanson pour illustrer musicalement ce divertissement polisson devront se la mettre derrière l’oreille. Les autres aussi, d’ailleurs.
Le film démarre pourtant bien, en critiquant, tous azimuts, les fumisteries de l’art contemporain (où le baratin autour d’une œuvre est plus important que l’œuvre elle-même) et la pauvreté sexuelle d’une jeune génération préférant le joystick ou la main pour prendre son pied plutôt que de chercher à s’envoyer en l’air.
Olivia Wilde, en maîtresse qui multiplie les tenues moulantes et affriolantes, et Cooper Hoffman, en soumis qui multiplie les tenues grotesques, paient de leur personne avec beaucoup d’humour et donnent une certaine vigueur à leur liaison torride, parfois pimentée d’effets en dessins animés.

Dommage que Gregg se fasse progressivement Araki-ri, comme contaminé par son sujet.
Lentement, il rentre, lui aussi, dans le rang, troquant peu à peu l’aspect subversif de son film contre une débandante histoire de trahison. La sauce qu’il avait si bien montée finit alors par retomber jusqu’à une conclusion bien sage qui ne rend pas justice aux préliminaires un peu lestes.
Pour le film osé de l’été, vous repasserez.
Salut Marcorèle ! Je n’ai pas vu cette nouvelle livraison de Gregg Araki, mais ta chronique particulièrement piquante offre une parfaite vue d’ensemble du résultat.
Ton jeu de mots sur le « Gregg Araki-ri » est savoureux et résume à merveille l’acte de sabordage du film ! C’est dommage : la satire initiale sur les travers de l’art contemporain et la sexualité virtuelle de la jeune génération semblait pourtant prometteuse, tout comme le duo déjanté formé par Olivia Wilde et Cooper Hoffman.
Mais si le réalisateur finit par assagir sa proposition dans une intrigue de trahison bien trop convenue, la déception est compréhensible. Merci pour cet avertissement très franc et au plaisir de te lire pour le prochain film !
Merci pour cette belle lecture du film ! Même si je ne l’ai pas encore découvert, ton texte donne envie d’aller voir comment Gregg Araki joue avec ses thèmes de prédilection et surtout comment il trouve l’équilibre entre provocation, humour et regard critique. J’aime beaucoup quand un film tente de bousculer un peu le spectateur, même si le résultat peut parfois diviser.
Dommage que tu aies ressenti un essoufflement progressif dans la proposition, car le point de départ semblait vraiment prometteur. Cela dit, il y a toujours quelque chose d’intéressant dans les œuvres qui prennent des risques et qui cherchent à provoquer une réaction, même lorsqu’elles ne vont pas totalement au bout de leurs ambitions.
Curieux de découvrir ce voyage par moi-même et de voir si je serai sensible à ce mélange de liberté, d’excès et de fragilité que tu évoques. Merci pour cette critique qui donne matière à réflexion !
Ah ça, c’est pas le Général de Gaulle qui aurait débandé ainsi ! 😉
Par contre, ton article calmé mes ardeurs. Pas sûr de me mettre au pieu avec Araki cette fois-ci.
Cela avait l’air très bien a priori, mais ta critique bien claire me fera passer mon tour (et tant mieux, parce que l’on ne sais plus où donner de la tête, même au mois d’août. Merci 🙏