
Dans un futur proche où une pandémie a décimé la société américaine, un pilote nommé Hig vit sur une base aérienne abandonnée du Colorado avec son chien et un ex-marine. Lors d’un vol pour se réapprovisionner en nourritures et en équipements, il capte sur sa radio une transmission aléatoire. La voix fait naître au plus profond du pilote l’espoir qu’une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé…
Il y a peu de chance que The Dog Stars laisse une quelconque trace dans le firmament des grands films de Ridley Scott. Avec son film post-apocalyptique mou du genou, le cinéaste cumule les poncifs inhérents à ce thème : ville désertée où la nature a repris ses droits comme dans Je suis une légende de Francis Lawrence, hordes de sauvageons dégénérés comme dans Mad Max 2 de George Miller, refuge de riches demeurés comme dans Los Angeles 2013 de John Carpenter et cannibalisme comme dans La route de John Hillcoat.
Dans cette interminable aventure où il ne se passe quasiment rien, seuls les porteurs des vraies valeurs américaines (en gros, les mécanos, les survivalistes et la secte religieuse des Mennonites) semblent avoir gardé le sens commun et le goût pour les chemises à carreaux. Les autres (sans doute d’anciens influenceurs et leurs suiveurs privés de réseaux sociaux) sont réduits à l’état de bêtes muettes et analphabètes qu’il faut absolument éliminer.
Alors même si, in fine, la musique adoucit les mœurs et que Jacob Elordi et Margaret Qualley finissent par conclure, la question principale demeure : Y a-t-il encore un réalisateur dans l’avion ?
Alors là, merci beaucoup ! Par ta critique sévère (mais juste :-)), tu me montre que j’avais raison. Car « La constellation du chien / The dog stars », de Peter Heller est un des meilleurs livres d’anticipation que j’ai lus dernièrement, un livre contemplatif très difficilement adaptable. Merci encore à toi.
De rien. 😉
Les chemises à carreaux, je peux pas. Désolé Ridley mais c’est sans moi. 😎
😀
Critique soignée, impeccable et nette. Pour ma part, je préfère le train.
Salut Marcorèle ! Ton autopsie au lance-flammes m’a bien fait sourire, et je dois bien admettre que ton constat tape dans le mille. Après l’avoir vu, difficile de contester cette impression d’un Ridley Scott en pilotage automatique dans un avion qui manque cruellement de pilote à bord. Ton inventaire des emprunts est particulièrement savoureux et d’une cruelle vérité : on passe en revue Je suis une légende, Mad Max 2 et La Route sans que le métrage ne trouve jamais sa propre sève. C’est dommage de constater à quel point cette errance post-apo s’enlise dans une léthargie bavarde, saupoudrée d’un manichéisme douteux entre survivalistes en chemises à carreaux et hordes muettes d’anciens influenceurs en manque de Wi-Fi. Même l’idylle convenue entre Jacob Elordi et Margaret Qualley peine à réveiller l’ensemble. Bref, une virée sans grand souffle qui risque effectivement de vite disparaître du radar du vieux Ridley. Merci pour ce billet acide et réjouissant, et à très vite sur ton blog !