
Dans un vaisseau en forme de zob doré, le super zéro Flesh Gordon s’envole pour la planète Porno en compagnie de la belle Dale Ardeur et du Professeur Ejakul.
Le trouple a pour mission de détruire un étrange rayon qui déchaîne sur terre les pulsions sexuelles des humains.
Issue d’une version pornographique tournée en 1971, Flesh Gordon fut amputé de ses scènes les plus torrides et remonté pour ne pas être classé X aux USA. Il put enfin jouir d’une sortie en salles en 1974.
Parodie érotique du célèbre comic strip de science-fiction Flash Gordon (1934), le film de Howard Ziehm et Michael Benveniste en reprend la trame principale tout en rendant hommage aux serials (avec une construction en deux parties ponctuée d’un intermède) qui adaptèrent l’œuvre d’Alex Raymond dès 1936.
Tourné avec la bite et le couteau, Flesh Gordon surprend en s’inspirant autant du cinéma bricolé de Georges Méliès que des films mal branlés de Ed Wood. Films auxquels on aurait adjoint les services égrillards d’un animateur digne de Ray Harryhausen pour donner vie, image par image, à des créatures phalliques (les fameux Pinosaurus) ou à un gigantesque monstre obsédé sexuel qui n’est pas sans rappeler un autre grand Kong.
Côté casting, Flesh Gordon s’avère plus problématique. Lorsqu’ils ne participent pas aux orgies, les figurants ont tous l’air d’avoir la tête dans le cul. Même les trois robots aux pénis rotatifs semblent plus investis qu’eux dans cette histoire de science friction. Ils ne restent, en tous cas, pas de bois devant le beau casse Dale qu’on leur propose.
Les trois comédiens principaux multiplient, quant à eux, les déculottés en débitant péniblement leurs dialogues face à un Empereur impuissant, des amazones lesbiennes ou un Robin des bois gay luron qui prend plaisir à décocher tout ce qui bouge.

Entre les hurlements de Dale (dont on ne sait si elle crie de peur ou de jouissance) et les « bitouillages » du Professeur barbant, le pauvre Flesh Gordon passe son temps à tirer sur des manches sans jamais parvenir à redresser la barre.
Devant ce mélange d’humour potache et de scènes olé olé, on ne peut que rigoler. Même si, finalement, on serait bien tenté d’adresser à tout ce beau monde le fameux salut des soldats de Porno : un fier bras d’honneur rehaussé d’un doigt… d’honneur.
Tu n’as donc pas la verge dure à l’égard de ce nanar sidéral. Je m’attendais à ce que tu fasses Flesh de tout bois.
Mais c’est un Fleshtival de bons mots ! 🙂 😉
Je garde un souvenir lointain mais très réjouissant de ce Flesh Gordon. Il doit y avoir un ancien article sur mon blog à son sujet, à l’occasion de la sortie d’un double dvd proposant également Flesh Gordon 2 dans le même boîtier cartonné (plutôt chouette). Ce second film est très marqué par son époque, les années 80. Il suffit d’admirer les coupes de cheveux ! C’est pas triste. Les filles sont plutôt blondes décolorées et à forte poitrine. Le look porno US des années 80, encore.
Mais ce qui m’a vraiment fait plier de rire et à plusieurs reprises, c’est le doublage français ! De la poésie, de l’art. 😂🎥
Le genre de films pratiquement impossible à produire aujourd’hui.
Tu parles d’un premier montage clairement porno. Je n’en ai jamais entendu parler. As-tu des références svp ?
Il en est juste question dans l’interview qui accompagne, en bonus, le blu-ray. Le second Flesh Gordon ne date pas plutôt du début des années 90 ?
Oui tu as raison, ‘Le retour de Flash Gordon’ est daté 1990 ! Mais les choucroutes qu’arborent les actrices et l’acteur principal me font penser à ces soap operas de la décennie précédentes. 😉
Ca reste deux bonnes comédies érotiques comme on en trouvait dans le bis de l’époque.
La relève a ensuite été assurée par Trey Parker et son hilarant Capitaine Orgazmo.
Ce sacré Captain des plateaux de pornos, je dois encore avoir le dvd quelque part à côté de celui de ‘Cannibal : the musical’ du même Parker (en collaboration avec son complice de « South Park », Matt Stone), produit par la Troma.
Je n’ai jamais vu ce Flesh Gordon, mais ta chronique hilarante et piquante offre un sacré aperçu de ce joyeux foutoir parodique !
Le grand écart formel que tu décris est savoureux : ce télescopage entre le bricolage poétique façon Méliès, le nanar total à la Ed Wood et ces monstres phalliques animés image par image façon Ray Harryhausen a l’air d’un délire artisanal hautement réjouissant. C’est dommage en revanche que le casting principal comme les figurants soient à ce point à côté de la plaque, même si l’image de tes robots à pénis rotatifs plus impliqués que les acteurs m’a bien fait marrer.
Merci pour cette formidable mise en lumière de cette relique bisseuse, et à très vite sur ton blog !