1914. Harry, redoutable marchand d’armes, emmène quelques connaissances sur une île grecque appartenant à son ami le Comte Orloff. Dans ce lieu paradisiaque, il va organiser une fête des sens, durant 3 jours et 3 nuits, en s’inspirant du roman érotique antique de Pierre Louÿs, Aphrodite.
Mettant à contribution les charmes de Pauline, une belle et prude orpheline, Harry dévoile rapidement un double jeu laissant à penser qu’il ne réfléchit pas qu’avec sa queue…

Bien avant l’avènement des blockbusters estivaux, les films érotiques (souvent italiens mais aussi français) permirent, pendant les années 70 et 80, d’agrémenter chaudement les programmations des cinémas qui peinaient à remplir leurs salles en été.
Sorti en juillet 1982, le dernier film de Robert Fuest (dont le seul titre de gloire fut un film d’horreur avec Vincent Price : L’abominable Docteur Phibes) remplit donc sa fonction de film érotique soft même s’il finit très vite par mollir. Privilégiant une esthétique vaporeuse, digne des navets de David Hamilton, l’image paraît aussi chichiteuse que son sujet, sans queue ni tête, qui tente de mêler folles bacchanales et vol d’un document secret commis par un trou de balle coiffé comme Mireille Mathieu.
On devine rapidement le fallacieux projet cinématographique du producteur de proposer, sur un sujet se déroulant au 20ᵉ siècle, de nouvelles orgies antiques et en toges dans la lignée de Messaline, impératrice et putain de Bruno Corbucci ou du fameux Caligula de Tinto Brass.
Malheureusement, entre d’interminables dialogues pétant plus haut que leurs culs et des saynètes érotiques molles de la fesse, Robert Fuest finit par pomper le spectateur plus efficacement que les fellations simulées qu’il nous inflige. De là à dire que le cinéaste n’en avait rien à branler et qu’il était loin d’avoir le bac anal, il n’y a qu’un pas que confirment les scènes de sexe et autres partouzes qu’il orchestre.

Apparemment adepte du missionnaire à sa mémère, Robert Fuest ne tente que très peu de sortir des sentiers rebattus du cucul. Il semble toutefois vouer un culte aux seins (effleurés, caressés et léchés) tout en montrant un certain fétichisme pour les pieds. La scène la plus hard du film étant, d’ailleurs, un gros orteil se frayant un chemin dans la fente accueillante d’une des participantes. Le reste n’est que mascarade érotique où les personnages se font du « lèvres à lèvres » languides – mais sans la langue – et passent leur temps à se caresser le corps en tournant systématiquement autour du pot.

Et les fameuses orgies ?
C’est peu dire que tout le monde semble s’y emmerder. Ces dames, surtout, qui prennent visiblement plus leur pied (on y revient) en se frottant sensuellement contre les nombreux coussins mis à leur disposition plutôt que lors des assauts de leurs flasques étalons.
Alors, que reste-t-il de cette Aphrodite ?
La présence anecdotique de Capucine (formidable dans La panthère rose, Quoi de neuf, Pussycat ? ou Guêpier pour trois abeilles) qui cachetonne et semble s’ennuyer ferme ? Ou celle de Horst Buchholz qui, bien qu’ayant fait partie des célèbres Sept mercenaires, ne daigne même pas tirer un coup ?
Non, ce qui reste, ce sont les charmes de la jolie Valérie Kaprisky (dévoilés lors d’une scène de toilette intime aussi torride qu’une publicité pour gel douche) qui trouvait là son premier grand rôle dénudé au cinéma. Bref, pas de quoi fouetter un chat.