6 juin 1944. L’évènement militaire qui va mettre fin à la seconde guerre mondiale : le débarquement en Normandie par les armées alliées.

Outre sa durée et son impressionnant casting – où se côtoient nombre de célébrités anglaises, américaines, allemandes et françaises – Le jour le plus long impressionne encore aujourd’hui par sa volonté de reconstituer, le plus fidèlement possible, la veille et le jour du débarquement allié en mêlant grande histoire et petites anecdotes véridiques. C’est dans cet esprit que le producteur Darryl F. Zanuck fait le choix du noir et blanc pour coller parfaitement aux images d’archives insérées dans le film. Alors même si le récit n’est pas exempt de quelques erreurs historiques (certaines volontaires, d’autres par manque de moyens), voire d’inventions complètes comme l’intervention de religieuses pendant l’assaut de Ouistreham, ce Jour le plus long séduit par son côté didactique qui donne une bonne idée du déroulement des évènements. Même si on peut regretter que soit complètement éludée – guerre froide oblige – l’importance de l’engagement des troupes soviétiques dans cette victoire finale ou que soit édulcoré le véritable bain de sang que fut ce débarquement dont Steven Spielberg rendra compte dans Il faut sauver le soldat Ryan.
En dépit de sa réalisation chorale, la force du film réside aussi dans son unité de ton entre les séquences américaines, anglaises, allemandes et françaises (Bourvil et Sean Connery ont même un plan fugace ensemble) ainsi que dans l’équilibre trouvé entre les scènes d’exposition et les scènes d’action où brille l’attaque du casino de Ouistreham tournée en plan séquence dans une magnifique prise de vue aérienne.
Loin de démériter (à condition d’oublier certaines aberrations comme Robert Mitchum se promenant tranquillement, cigare au bec, sur la plage d’Omaha pilonnée par les tirs ennemis), cette fresque guerrière fait partie de ces grandes aventures cinématographiques qui ont forgé la légende du 7ème art.