Mélancolique gardien de cimetière, Dellamorte Dellamore (flanqué de son fidèle compagnon, Gnaghi qui ne s’exprime que par une seule onomatopée : « Gna ») a depuis quelque temps du pain sur la planche. Les morts récemment enterrés dans son cimetière reviennent à la vie au bout de 7 jours et cette mystérieuse épidémie se propage de tombe en tombe, de nuit en nuit.

En adaptant le roman de Tiziano Sclavi, Michele Soavi fait le choix judicieux de donner à Rupert Everett le rôle du gardien de cimetière, l’acteur ayant déjà servi de modèle pour Dylan Dog, héros d’une bande dessinée créée par le même auteur.
C’est, d’ailleurs, la seule bonne idée du film. Le reste n’est qu’un gros nanar fantastique sans charme, filmé à la va-comme-je-te-pousse et truffé de références artistiques (à la peinture ou à la sculpture) censées apporter une touche onirique et poétique à l’ensemble. Ben voyons !
Lourdingue et fauché, avec un acteur absent (Rupert Everett, errant comme une âme en peine) et d’autres à la ramasse (le reste du casting), Dellamorte Dellamore frise en permanence l’amateurisme tout en cherchant à marcher sur les traces de Mario Bava et son Masque du démon. On en est très loin. Soavi, qui n’en fait qu’à sa tête, à beau mettre de la brume dans son cimetière et agiter trois branches mortes à la pleine lune, nul frisson ne vient vous faire froid dans le dos. Quant à l’ambiance érotico-morbide qui imprègne tout le film, elle finit par devenir aussi risible que ridicule à force de mélanger tout et n’importe quoi : la vie, la mort, l’amour, les ossuaires, les motos, les scouts et les zombies. De là à dire que Soavi enterre une fois pour toutes le cinéma fantastique italien qui fut pourtant si prolifique…
Bref, si ce n’est pour le physique avantageux de Rupert, « Gna » vaut vraiment pas le coup d’œil !