
L’émancipation féminine dans les années 60 vue à travers la perte de virginité de cinq jeunes femmes. « Faut être moderne, quoi ! », comme le dit à tout bout de champ l’un des personnages.
Version féminine du premier film (Les dragueurs) de Jean-Pierre Mocky, Les vierges fit son petit effet au moment de sa sortie en salles en abordant plutôt frontalement la perte de la virginité féminine. Se présentant sous la forme d’une suite d’histoires, ce film choral passe d’un récit à l’autre par l’intermédiaire d’un personnage secondaire qui devient le personnage principal de la saynète suivante. Idée séduisante, que l’on retrouve aussi dans La ronde de Max Ophüls, mais que dessert le côté souvent inégal du film à sketches. Sur les cinq récits, qui dénoncent le sexisme des hommes et prônent la liberté sexuelle des femmes, seul le premier avec Stefania Sandrelli, le troisième avec Gérard Blain et le quatrième narrant les coucheries impossibles entre une jeune parfumeuse et un plombier adepte de la modernité (le segment le plus drôle de tous) retiennent vraiment l’attention. Les deux autres, pas inintéressants, sont plus convenus.
Pour qui aime Mocky, c’est avec grand plaisir que l’on retrouve Francis Blanche et Jean Poiret, futurs habitués de ses films, dans des rôles taillés à leur démesure ainsi que le goût du cinéaste pour les tics vocaux dont il affuble ses personnages secondaires. Ici, les hilarants bruits de bouche d’un médecin ou les exclamations répétées d’un plombier.
Encore en rodage, Jean-Pierre Mocky allait, dès le film suivant, montrer l’étendue de son talent caustique grâce à sa rencontre avec Bourvil avec qui il tournera son premier chef-d’œuvre : Un drôle de paroissien.