
Cadre dans une usine de papier You Man-su est un homme heureux. Il aime sa femme, ses enfants, ses chiens, sa maison. Lorsqu’il est licencié, sa vie bascule, il ne supporte pas l’idée de perdre son statut social et la vie qui va avec. Pour retrouver son bonheur perdu, il n’a aucun autre choix que d’éliminer tous ses concurrents…
Nouvelle adaptation du roman de Donald Weslake : Le couperet, après celle éponyme de Costa-Gavras en 2005, Aucun autre choix se démarque par le ton résolument bouffon qu’adopte Park Chan-Wook pour nous conter l’histoire de cet homme qui applique à la lettre les théories agressives entendues en entreprises pour licencier du personnel, comme quoi « La fin justifie les moyens ».
Cette charge grinçante et décalée contre l’ultra-libéralisme, qui transforme les hommes en pions interchangeables, s’avère plutôt efficace grâce à la mise en scène inventive du cinéaste coréen. S’intéressant autant aux victimes de You Man-su – aussi paumées que lui – qu’à sa famille – dont il donne une vision très sombre – Park Chan-Wook réussit en partie sa farce très noire même si elle aurait gagné à être un peu plus courte. Heureusement, l’impressionnante performance de Lee Byung-Hun, dans le rôle principal, vaut à elle seul le visionnage de ce thriller qui, sans faire partie des meilleurs films du réalisateur de JSA et de Mademoiselle, ne manque pas de charme.
Bonsoir,
Au moins on renouvelle » Le Couperet », mise en scène, montage, musique, Oui. Un peu long sur la troisième partie d accord mais on en sort quand même avec entrain, un réalisateur doué qui ne laisse pas indifférent.
Tres bonne soirée. Fred
PS: L’ année cinema n ‘est pas mal partie !
Je suis d’accord avec toi, l’année cinéma 2026 me semble plus prometteuse que 2024 et 2025 réunies. 😉
Même constat, un peu long. C’est brillant, virtuose, parfois un peu trop.
Mais c’est heureusement meilleur que son précédent film : Decision to leave. 😉
Nettement moins bien tu veux dire. J’adore « Decision to leave ».
😂 Les dégoûts et les couleuvres…
Perso, j’adore le film. Je lui trouve un côté très politique, assez marxiste en fait, remarquablement efficace.
Il y a beaucoup de trouvailles, visuelles et scénaristiques, si je ne devais en citer qu’une, je mentionnerais les scènes glaçantes de la fin dans l’usine complètement vide.
Comme toi, je préfère celui-là à Decision to leave (qui était déjà très bien).
Merci pour cette lecture très stimulante de No Other Choice. 🙂
Tu mets très justement l’accent sur le ton « résolument bouffon » adopté par Park Chan-wook. Là où l’adaptation de Costa-Gavras (Le Couperet) privilégiait une approche plus frontalement politique et réaliste, tu soulignes bien la dimension de farce noire, presque grotesque, qui rend ici la critique de l’ultra-libéralisme encore plus grinçante.
Ta remarque sur le regard élargi du film est aussi très pertinente : en t’intéressant autant aux victimes qu’à la famille, dont tu décris la vision très sombre, tu montres bien comment Park ne se contente pas d’un simple thriller satirique mais fait contaminer l’intime par la violence du système.
Je te rejoins sur la performance de Lee Byung-hun, qui semble porter le film à elle seule. Chez Park, les acteurs sont souvent poussés vers une intensité presque excessive, et ton insistance sur cette prestation donne clairement envie de découvrir le film, même s’il ne figure pas parmi les sommets du réalisateur de Joint Security Area et Mademoiselle.
Enfin, ta réserve sur la durée est intéressante : la farce noire gagne souvent en efficacité lorsqu’elle est resserrée. Peut-être que quelques minutes en moins auraient rendu la satire encore plus implacable.
Merci pour ton regard nuancé et équilibré, qui situe très bien le film dans la filmographie de Park sans tomber ni dans l’enthousiasme aveugle ni dans la sévérité gratuite.
Il faut que je voie le gavras, il semblerait que (je vite mon acolyte à la sortie de séance) « ce n’est pas le même film ». J’ai rescucité mon blog et je redécouvre avec plaisir que tu es toujours là ! J’ai aussi chorniqué Le Park-Chan Wok.