Vingt ans après l’arrêt de leur série de science-fiction à succès, Galaxy Quest, les principaux acteurs du show en sont réduits, pour subsister, à signer des autographes lors de conventions de fans ou à participer à l’ouverture de centres commerciaux. Aussi, lorsqu’on vient leur proposer une nouvelle mission spatiale, tous sont partants. Avant de découvrir que cette aventure n’a rien d’une fiction… Par le marteau de Grabthar !

Véritable comète humoristique, Galaxy Quest avait tout du projet improbable destiné à terminer sa course dans le trou noir et sans fond des films parodiques ringards portés sur la gaudriole.
Contre toute attente, il n’en est rien. Dean Parisot parvient même à transcender son pastiche (des séries de SF en général, et de Star Trek en particulier) en réussissant à trouver un parfait équilibre entre hommage respectueux au genre et critique piquante de tous les poncifs inhérents à ce type de production. Rien ne manque dans ce sympathique jeu de massacre, des décors fauchés décorés d’ampoules qui clignotent aux acteurs approximatifs vêtus de pyjamas bon marché. Le réalisateur allant jusqu’à brocarder, avec malice, les fans et leurs conventions costumées où ils se réunissent pour fêter leurs anciennes idoles. Pourtant, si le film marque autant les esprits c’est que, loin de se contenter de ses gags, il compose un univers cohérent. Véritable space opera qui sait ménager son lot de surprises et de rebondissements inattendus tout en gardant une réelle bienveillance pour tous ses personnages.

Il faut dire que, pour l’occasion, Dean Parisot a composé un casting de rêve dont la présence est aussi insolite que celle des extraterrestres venus demander de l’aide au Commandant Taggart, incarné par un Tim Allen qui trouve là son meilleur rôle et sa meilleure réplique : « Never give up ! Never surrender ! ». À ses côtés, Tony Shalhoub et sa tentaculaire amoureuse Missi Pyle s’en donne à cœur joie dans le n’importe quoi, en compagnie du jeune Justin Long (Dodgeball, Die Hard 4) qui faisait, pour l’occasion, ses débuts au cinéma. Mais ce sont surtout les présences de Sam Rockwell, Sigourney Weaver et Alan Rickman qui épatent, parfaits en acteurs de seconde zone. En soldat inconnu pétochard et en godiche blonde écervelée, les deux premiers excellent dans l’autodérision. Quant à Rickman, il remporte la palme de l’humour. En acteur Shakespearien raté, obligé de faire des prestations alimentaires pour subsister, il donne toute la mesure de son talent comique avec son allure de Spock de pacotille et ses mines exaspérées.
Alors si « dans l’espace personne ne vous entend crier », il y a fort à parier qu’avec Galaxy Quest tout le monde vous entende vous marrer.