Il était une fois un ancien roi, porté disparu, que l’on retrouve. Il fait la gueule et n’arrête pas de dire qu’il ne veut plus de son royaume mais y retourne quand même, sans que l’on sache trop pourquoi.
Ou alors…
Il était une fois un ancien roi, porté disparu, que l’on retrouve. Il fait la gueule et n’arrête pas de dire qu’il ne veut plus entendre parler de la table ronde mais retourne quand même s’y asseoir, sans que l’on sache trop pourquoi.
Ou alors…
Il était une fois un humour télé daté, porté disparu, mais que l’on retrouve en salle. Avec des fans qui se marrent fort, de temps en temps, pour faire croire qu’ils prennent toujours leur pied devant leur ancien programme fétiche, sans que l’on sache trop pourquoi.

Apparemment, il n’y a pas qu’Arthur qui ne veut pas y retourner. Alexandre Astier ne semble pas, non plus, très emballé à l’idée de revenir au royaume de Logres. La preuve, le personnage qu’il incarne passe son temps à faire la tronche tandis que le récit ressemble à un étrange démontage en règle (château compris) de sa série.
Ce film exclusivement destiné aux fans (bien disposés) ne présente donc aucun intérêt pour le non-initié. En dépit de la profusion de décors, de son défilé d’humoristes du petit écran, des pénibles jérémiades de Christian Jacquouille Clavier et de la présence d’un Sting qui devrait appeler la Police pour non assistance à célébrité en danger, l’intrigue, qui passe le plus clair de son temps à (re)présenter les personnages, peine à démarrer, quand elle n’est pas prise en flagrant délit de surplace, comme avec ces répétitives attaques burgondes.
Que dire, aussi, des nombreux retours dans la jeunesse du roi Arthur, du temps de sa formation militaire ? Ni hilarants, ni même intéressants, ils semblent posés là pour permettre au cinéaste de confirmer à son public que, oui, Kaameloot est aussi une œuvre dramatique ! Beaucoup d’effort pour un mélange des genres guère concluant, le tout emballé par une musique aussi tonitruante qu’envahissante.
Et ce ne sont pas les dialogues, où le consternant le dispute au calamiteux, qui viennent sauver la mise. Loin des traits d’esprit d’un Michel Audiard, les répliques censées être drôles se contentent de placer, à intervalles réguliers, des termes graveleux (pipi, caca, prout) au milieu d’un parler vaguement médiéval. Pourquoi s’embêter à en faire plus puisque les spectateurs, déjà conquis, riraient aux éclats même si les comédiens leur lisaient l’annuaire. De quoi vraiment se demander si c’est bien le même cinéaste qui a récemment redonné des couleurs aux personnages créés par Goscinny et Uderzo dans l’excellent film d’animation Astérix : Le secret de la potion magique.
Bref, s’il y a un phénomène Kaameloot, il se trouve dans cette hallucination collective face à ce gros pudding pas drôle. Devant ce théâtre de seconde zone que l’on aurait doté de millions pour faire dans l’humour télé LOL et mdr. Il suffit d’ailleurs de lire l’accroche sur l’affiche, « Il ne revient pas pour trier les lentilles » pour en être définitivement con-vaincu…
Et dire qu’il y a encore deux autres volets à venir… Rideau !