Affiche du film Mia Madre
Une réalisatrice qui vient de débuter le tournage de son nouveau film avec une star américaine égocentrique doit également faire face à des problèmes personnels.
Sa mère est à l’hôpital, la communication passe mal avec sa fille et son frère, qui veut trop en faire, l’agace…
Il y a tromperie sur la marchandise.
Ce n’est pas Mia Madre qu’aurait dû s’appeler le dernier Moretti mais Moi, mon travail et accessoirement ma mère.
Car, alors que l’on s’attendait à un film centré sur les derniers moments d’une vieille dame avec ses deux enfants, Nanni Moretti préfère nous infliger les agaçants états d’âme d’une version féminine de lui-même, évitant d’aborder de front les rapports complexes qu’entretient son héroïne avec une mère qu’il relègue rapidement au second plan.
Long et convenu, Mia Madre peine à faire naître l’émotion en faisant mine de jouer sur deux tableaux – le personnel et le professionnel – alors que ce qui semble surtout intéresser le cinéaste (tout comme son alter égo féminin, d’ailleurs) ce sont les petits moments de tournage et les rapports ambigus qu’entretient la réalisatrice avec son comédien.
Remercions donc John Turturro qui, en dépit de son jeu irritant, parvient de temps à autre à faire sourire.
Parce que pour le reste : entre une mère sosie de Tatie Danielle, une fille qui tergiverse sans cesse en tenant des discours nébuleux à ses comédiens, un fils irréprochable au comportement tout aussi singulier (notamment avec son employeur, dans une scène gratuite et sans suite qui n’a d’autre justification que de rendre le personnage moins lisse), une petite fille dont la grave crise d’adolescence se résout par l’achat d’un vélomoteur, des flashbacks et des rêves aussi convaincants que du caviar sur un plateau repas d’hôpital… le dernier film de Moretti nous fait surtout regretter la justesse et la sensibilité dont il faisait preuve dans certaines de ses œuvres précédentes.
Comme quoi, famille et travail ne font pas toujours bon ménage, ni de bons films.