Affiche du film Peau d'âne
Un roi veuf s’est mis en tête d’épouser sa fille. Pour échapper à cette union contre-nature, la princesse s’enfuit du château revêtue d’une peau d’âne et trouve refuge dans une hutte au fond des bois.
Après le drame en chanté (Les parapluies de Cherbourg) et la romance colorée (Les demoiselles de Rochefort), Jacques Demy s’intéresse, une fois encore, aux amours contrariés mais cette fois sous l’angle du conte où chant et enchantement font particulièrement bon ménage.
Le cinéaste aborde, sans chercher à les édulcorer, les différentes ambivalences d’un récit que l’on destine souvent à la jeunesse mais qui, sous son aspect féérique, traite aussi de scatologie et d’inceste, un thème d’ailleurs récurrent dans l’œuvre de Demy.
Le film, tout en dualité, oppose ainsi en permanence magnificence et saleté, beauté et laideur, vieux et moderne pour enseigner, in fine, à voir par-delà les apparences et les préjugés.
Outre ses jolies chansons et son côté kitsch assumé (notamment dans les décors qui évoquent autant le pop art que La belle et la bête de Cocteau, dont Jean Marais cite d’ailleurs un des poèmes), l’aspect merveilleux de Peau d’âne tient surtout à un habile équilibre entre des trucages très simples à la Méliès et l’utilisation malicieuse de termes ou d’objets anachroniques, comme cet hélicoptère transportant la fée et le roi bleu.

Photo de Catherine Deneuve et Jacques Perrin
Catherine Deneuve et Jacques Perrin sont les interprètes idéaux de ce « conte de fée charmant ». La prestance de Jean Marais, la malice de Micheline Presle, les tenues sexy de la fée Delphine Seyrig, les irrésistibles bafouillages de Pierre Repp et la participation de Coluche magnifient le reste, sans oublier les très belles musiques de Michel Legrand et des chansons, comme la Recette pour un cake d’amour, devenues des classiques.
Les fées se sont assurément penchées sur le berceau Peau d’âne qui fut, hélas, le dernier grand succès populaire d’un cinéaste enchanteur.