Affiche du film Jamais de la vie
Après plusieurs années de chômage, Franck, la cinquantaine, a retrouvé du travail comme gardien de nuit dans un centre commercial de banlieue.
Lassé et résigné, cet ancien ouvrier militant vivote dans un petit appartement au milieu des barres d’immeubles d’un grand ensemble.
Une nuit, alors qu’il fait sa ronde sur le parking, un mystérieux 4×4 attire son attention. Intrigué, il décide de mener seul l’enquête. Une façon pour lui de redonner enfin un sens à son existence…
A travers le parcours de cet ancien ouvrier spécialisé et délégué syndical, Pierre Jolivet dresse un portrait percutant et poignant des laissés pour compte de la crise. Des classes modestes – ouvriers, mères célibataires, vigiles… – qui n’ont plus d’idéaux et tentent simplement de survivre dans une société qui privilégie désormais l’individualisme à l’entraide. Derrière le thriller âpre et nocturne, le cinéaste imprègne habilement son film d’une dimension sociale et redessine, en creux, le parcours chaotique d’un homme blessé qui a perdu ses illusions.
Sans pathos ni musique intempestive, mais avec un regard d’une saisissante acuité, le cinéaste nous offre un film humaniste et sans compromis à l’image de Franck, magistralement interprété par Olivier Gourmet.
Droit dans ses bottes, le visage buté, il trouve un rôle dans la lignée des personnages – intègres et seuls contre tous – qu’affectionnait Lino Ventura dans les années 70/80. Imposant par son désespoir rentré et sa détermination presque enfantine, Gourmet livre là une de ses meilleures prestations.
Proche des films engagés de Lucas Belvaux (on pense à La raison du plus faible) Jamais de la vie est un thriller social d’une rare intensité dont la noirceur détonne au milieu des fades productions françaises actuelles. Raison de plus pour ne pas le manquer, d’autant que Pierre Jolivet signe là son meilleur film.