Affiche du film Astérix : Le domaine des dieux
Plutôt que d’employer la force pour soumettre les irréductibles Gaulois, Jules César décide de construire un domaine résidentiel dans la forêt bordant leur village. Très vite, le mode de vie des nouveaux arrivants romains va contaminer la plupart des compagnons d’Astérix et Obélix.
L’appât du gain et l’attrait du confort seraient-ils plus dangereux pour nos Gaulois que toutes les légions romaines ?
Jolie surprise que cet Astérix : Le domaine des dieux qui adapte, sans le trahir, l’album de Goscinny et Uderzo.
Il faut dire que, 43 ans après sa sortie, les thèmes développés dans cette bande dessinée restent toujours d’actualité. Et si le développement des grands ensembles semble moins criant de nos jours que dans les années 70 (encore que…), il est toujours possible de comparer l’invasion culturelle et commerciale romaine avec l’hégémonie anglo-saxonne qui s’est intensifiée ces dernières années au détriment des cultures et langues européennes. D’ailleurs, même Alexandre Astier et Louis Clichy n’y échappent pas en nommant l’un des personnages, inventé pour l’occasion, Apeldjus.
C’est là une des rares faute de goût de ce dessin animé qui trouve le bon dosage entre l’humour des années 70 et celui des années 2010 et conserve l’esprit bon enfant voulu par leurs créateurs. Comme ce fut le cas avec Astérix et Cléopâtre (1968) ou Astérix chez les Bretons (1986), c’est en choisissant de rester fidèle au récit d’origine, sans chercher à le mêler à un autre album de la série, que le film garde sa cohérence et son efficacité comique.
Si les clins d’œils à la bande dessinée sont légions, ceux aux précédents films d’animation de nos deux Gaulois sont également présents. La technique de construction de l’immeuble du Domaine des dieux est d’ailleurs la même que celle utilisée pour édifier le palais dans le dessin animé Astérix et Cléopâtre.
L’animation fluide participe à la réussite de cette transposition. Les graphismes sont conformes à ceux de la bande dessinée et l’on retrouve « presque » à l’identique l’univers d’Astérix. « Presque » car on peut aussi être gêné par le rendu plastique des personnages créés numériquement. Un rendu trop lisse qui enlève les traces des coups de crayon et rend l’ensemble un peu plat.
Heureusement, la joie d’entendre – une nouvelle et dernière fois – Roger Carel prêter sa voix intemporelle à Astérix fait vite oublier ces quelques réticences visuelles. Entouré d’un excellent casting où se démarquent surtout les prestations de Laurent Lafitte, dans le rôle du pointilleux esclave Duplicatha, et de Élie Semoun, épatant en petit légionnaire revendicatif.
Seul gros bémol, la voix d’Obélix qui n’arrive pas à égaler les performances vocales de Jacques Morel ou de Pierre Tornade. Pire, avec son timbre plus fluet et son petit cheveu sur la langue, Guillaume Briat ne parvient jamais à rendre justice au personnage bourru et enfantin qu’est Obélix. C’est sans doute là que réside l’unique déception de ces nouvelles aventures animées d’Astérix qui n’en restent pas moins une très bonne cuvée, par Bélénos!