Affiche du film Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal
En pleine guerre froide, Indiana Jones reprend du service et entreprend de retrouver, avant de dangereux militaires russes, le mythique Eldorado.
Après 20 ans d’absence, Indiana Jones est de retour pour le meilleur et surtout pour le pire dans cet Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal de la mort qui tue (tant qu’à se lâcher dans un titre à la con, autant se lâcher à fond !).
Le meilleur se trouve au début.
Avec ce retour à l’entrepôt où est stockée l’arche d’alliance et par ce clin d’œil à l’ombre d’Indiana dessinant sa fameuse silhouette au chapeau. Là, pendant 15 minutes, Steven Spielberg retrouve le rythme et la désinvolture des premières aventures de l’archéologue.
Mais l’état de grâce ne dure pas.
Indiana a vieilli et n’est plus que l’ombre de lui-même.
Steven Spielberg aussi, qui semble se désintéresser de son célèbre personnage, un peu anachronique à la veille des années 60.
Pour compenser, le cinéaste joue la carte de la surenchère.
Certes, les trois premiers Indiana Jones ne brillaient pas par leur vraisemblance (rappelez-vous la sortie de l’avion en canot pneumatique dans Indiana Jones et le temple maudit), mais là on nage de bout en bout en pleine caricature : du frigo emporté par une explosion nucléaire à la chute dans trois gigantesques cascades.
Des excès qui finissent par nuire à la crédibilité du personnage.
A se demander si le réalisateur n’avait pas déjà l’esprit tourné vers d’autres tribulations (celles des Aventures de Tintin : Le secret de la Licorne) pendant que son premier assistant remplissait laborieusement le cahier des charges. En gros, refaire Les aventuriers de l’arche perdue en montant les scènes dans un ordre différent (ici, le combat à mains nus contre un militaire balèze vient après la course poursuite) et en compensant le manque d’imagination par une inflation d’effets spéciaux, tous plus grotesques les uns que les autres.
L’interminable course poursuite dans la jungle est un vrai cas d’école et symptomatique de tous les défauts du film :
– Montage frisant le grand n’importe quoi avec faux raccord à foison.
– Invraisemblances en pagaille : la jungle ressemble à un long boulevard sans obstacle, les poursuivants deviennent, sans raison, les poursuivis tandis que l’un des personnages saute de lianes en lianes (!!!) et rattrape des véhicules lancés à pleine vitesse…
Malgré le sympathique retour de Karen Allen (héroïne des Aventuriers de l’arche perdue) et la prestation honorable de Cate Blanchett, dans le rôle de la méchante de service qui roule les « r » avec gourmandise, on comprend mieux pourquoi Sean Connery a refusé de participer à cette nouvelle aventure (le rôle dévolu à John Hurt lui était vraisemblablement destiné) qui était censée réunir au grand complet la famille d’Indy et, peut être, passer le fouet et le chapeau à un comédien plus jeune.
Une décision sur laquelle même le réalisateur semble finalement hésiter au vu de la piètre prestation de Shia LaBeouf : Marlon Brando du pauvre (son apparition en moto sur le quai de la gare vaut son pesant de cacahuètes !) qui, avec son peigne et sa banane, aurait été plus crédible dans un remake de Grease.
La quête de trop pour l’archéologue au chapeau.

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