Affiche du film La stratégie Ender
Depuis que la terre a échappé de peu à une invasion extraterrestre, les forces militaires internationales recrutent dans leurs rangs des enfants, considérés comme plus aptes à appréhender les stratégies guerrières de façon intuitive via les simulateurs et les jeux vidéo.
Leur espoir ? Trouver parmi eux le futur officier capable de repousser une prochaine attaque.
Inspirée du premier volume du cycle d’Ender d’Orson Scott Card paru en 1985, l’adaptation cinématographique de La stratégie Ender ne manque pas d’atouts.
Contrairement à nombre de films de science-fiction récents, celui de Gavin Hood a la bonne idée de soigner autant le fond que la forme. Plutôt que de céder à la mise en scène épileptique et au montage haché en vogue actuellement dans ce genre de productions, le cinéaste fait le choix d’un film « à l’ancienne » où le récit, les acteurs et l’action ont le temps de déployer leurs atouts respectifs de manière convaincante. Une approche classique et sans fioritures dans la manière de filmer qui s’accorde avec le sujet et la formation militaire reçue par les jeunes recrues.
Si la qualité des effets spéciaux est bien au rendez-vous, c’est surtout sur le jeu impeccable des acteurs que repose La stratégie Ender.
Dans le rôle principal, le jeune Asa Butterfield (le Hugo Cabret de Scorsese) livre une interprétation toute en nuances d’Ender Wiggin : personnage aussi froid et calculateur que sympathique et plein d’empathie. Les autres adolescents qui l’entourent ne sont pas en reste, d’Hailee Steinfeld (remarquée dans True Grit) à Abigail Breslin (The Call, Little Miss Sunshine), et contribuent grandement à la crédibilité du film, soutenus par leurs prestigieux aînés : Harrison Ford et Ben Kingsley.
Quant au réalisateur, il adapte avec un certain courage le roman d’Orson Scott Card sans en édulcorer le propos dérangeant et visionnaire – inquiétante réflexion sur l’influence de l’image, la manipulation et la déréalisation d’enfants soldats pour qui la guerre n’est rien de plus qu’un jeu vidéo grandeur nature – ni en gommer les terrifiantes conséquences.
Parabole sur nos sociétés fascinées par l’image et sur le conditionnement des enfants à qui l’on met, de plus en plus tôt, un ordinateur entre les mains, La stratégie Ender surprend agréablement et trouve un honorable compromis entre spectacle et réflexion.

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