Affiche du film Marius
Marseille, années 30.
Au bar de la Marine, Marius rêve en servant les clients de César, son père.
Il rêve d’embarquer sur un navire et de partir à la découverte du monde.
Mais il rêve aussi de Fanny qui tient un étal de coquillages à la porte du café.
Saura-t-il faire le bon choix ?
Après La fille du puisatier, Daniel Auteuil revient à l’univers de Marcel Pagnol.
S’il conserve le charme des dialogues oscillant entre rires et larmes, il ne parvient pas à se défaire des aspects théâtraux du récit. Il en résulte un film respectueux de l’œuvre d’origine mais manquant d’idées de mise en scène pour éviter l’écueil du théâtre filmé.
L’intrigue se déroule donc le plus souvent en intérieur : du bar de la Marine, à l’appartement de Fanny et sa mère en passant par la boutique de Panisse, avec quelques échappées bienvenues sur le Vieux-Port et dans les calanques. On n’est pas loin de la carte postale rétro et folklorique « avé l’assent » qui va bien !
Heureusement que Daniel Auteuil a su s’entourer d’acteurs qui ont de la bouteille (de Jean-Pierre Darroussin à Marie-Anne Chazel) pour faire passer ce pittoresque un peu forcé et donner truculence et émotions aux mots de Pagnol.
Dommage que, comme dans son précédent film, le couple d’acteurs autour duquel tourne l’intrigue ne soit pas à la hauteur.
Dans le rôle titre, Raphaël Personnaz, beaucoup plus convaincant dans La princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier, joue les beaux gosses un foulard noué autour du cou et récite ses répliques avec tellement d’application qu’il manque de naturel. Quant à Victoire Bélézy, elle compose une Fanny agaçante à force d’en rajouter dans l’interprétation gnangnan et larmoyante, « avé le gros sanglot » qui va bien.
Ces réserves mises à part, Marius se laisse suivre sans trop de déplaisir grâce à la faconde de Pagnol.