Affiche du film Astérix chez les Bretons
Jules César et ses légions ont envahi la (Grande) Bretagne.
Seul un petit village ne s’avoue pas vaincu, mais pour combien de temps ?
Jolitorax, un guerrier Breton, décide d’aller chercher de l’aide auprès d’un petit village Gaulois qui résiste encore et toujours à l’envahisseur et où habite son cousin germain : Astérix !
Neuf ans après Les 12 travaux d’Astérix, Gaumont et Dargaud décidaient de relancer les aventures d’Astérix et d’Obélix sur grand écran avec deux nouveaux dessins animés.
Sorti un an après Astérix et la Surprise de César (1985), Astérix chez les Bretons est certainement le plus réussi des deux. S’inspirant uniquement de la BD éponyme (alors que La Surprise de César délayait son récit en mêlant, avec plus ou moins de bonheur, Astérix légionnaire et Astérix gladiateur), le film de Pino Van Lamsweerde exploite avec finesse la richesse du récit, ses clins d’œil et ses traductions absurdes d’expressions anglaises (Bonté gracieuse ! Secouons-nous les mains…), tout en apportant sa touche personnelle au matériel d’origine grâce à de nouvelles trouvailles et à des dialogues pleins d’humour.
Attaqué par un bateau pirate, le capitaine d’un navire Phénicien s’adresse à son second :
– Aux canots !
– Y’en a pas !
– Aux radeaux !
– Y’en a pas !
– Alors, cachez les bijoux !
– Où ça ?
– Dans les canots !
– Y’en a pas !
La remarquable performance des dessinateurs est aussi à mettre au bénéfice de ce dessin animé qui se démarque des trois premiers longs métrages par la qualité de son animation. Personnages aux mouvements fluides, magnifiques décors d’un Londres antique aux multiples anachronismes et impressionnant travail sur la lumière (la flamme des torches ou les feux de cheminées) et les ombres : les animateurs français s’approchaient de la qualité des dessins animés Disney de l’époque, avant l’arrivée des images de synthèse.
Et que dire de la formidable prestation des acteurs sinon qu’elle donne une réelle épaisseur aux personnages de papier. Roger Carel insuffle une indéniable énergie à la voix d’Astérix et Pierre Tornade épate avec son interprétation bourrue et enfantine d’Obélix.
Bien sûr, comparé aux dessins animés actuelles, Astérix chez les Bretons manque parfois de rythme (surtout dans sa première partie). Mais si l’intrigue prend son temps, les gags montent en puissance jusqu’à la fin du film pour culminer avec la fameuse partie de rugby. Et puis, porté par l’agréable partition de Vladimir Cosma, le film possède une réjouissante liberté de ton qui fait souvent défaut aux productions actuelles destinées aux enfants.
Ne manquez pas cette joyeuse escapade de l’autre côté de la Manche. Vous risquez fort de faire vôtre la petite phrase lancée par le capitaine d’un navire romain à un centurion déprimé : « Après cette rude campagne contre les Bretons, tu vas retrouver la Gaule avec plaisir ! ».
On ne saurait mieux dire, n’est-il pas ?