Affiche du film Douleur et gloire
Alors qu’il est dans l’incapacité de continuer de tourner à cause des nombreuses douleurs physiques qui le rongent, un célèbre cinéaste retrouve la trace d’un de ses premiers comédiens avec qui il était en froid. Ces retrouvailles vont en entraîner d’autres et faire ressurgir des souvenirs sur son enfance ainsi que sur sa mère.
Avec Douleur et gloire, Almodóvar atteint une forme de maturité apaisée, réussissant à trouver le parfait équilibre entre humour et émotion, fiction et autobiographie au travers de cette réflexion sur les mystères de l’inspiration et de la création ainsi que sur les liens étroits qu’elles entretiennent avec la vie privée. Entre souvenirs familiaux, heureux hasards et coïncidences troublantes, le film peut s’enorgueillir de belles idées de cinéma (comme ce message du passé retrouvé à l’arrière d’un dessin) tandis que le cinéaste espagnol ne cesse de faire des allers-retours dans la vie de son double cinématographique parfaitement campé par un Antonio Banderas qui a bien mérité son prix d’interprétation masculine au festival de Cannes. Le reste de la distribution est à l’avenant : de la solaire Pénélope Cruz au jeune Asier Flores, excellent dans le rôle du cinéaste enfant.
Loin de ses excès et de son esthétisme bigarré, Pedro Almodóvar filme une sorte de rêve familier, introspection nostalgique sur ce double qui n’est ni tout à fait lui-même ni tout à fait un autre. Il s’affranchit ainsi de toute forme d’égocentrisme pour toucher à l’essentiel avec beaucoup d’esprit et une pointe de mélancolie.
Douleur et gloire est certainement l’un de ses plus grands films, si ce n’est son plus grand.