En Italie, un beau parleur, désinvolte et charmeur, fait la connaissance d’un étudiant en droit studieux, timide et complexé. Il va l’entraîner pendant deux jours dans une trépidante virée de Rome à Viareggio…

Quintessence de la comédie italienne des années 60/70, Le fanfaron est un chef-d’œuvre.
Sur une trame simple – le trajet en voiture de deux hommes que tout oppose – Dino Risi brosse le portrait caustique de l’Italie d’après-guerre : son besoin d’évasion, grâce au développement de l’automobile, son attrait pour la gastronomie et son envie de farniente en bord de mer. Cette fameuse dolce vita qu’instilla dans les esprits, au début des années 60, le film éponyme de Federico Fellini. Derrière ce récit simple mais jamais simpliste se cache la réalité d’une société qui, bien que s’embourgeoisant, reste encore pauvre et s’en sort grâce à de petits expédients. Sous son côté hâbleur et sûr de lui, Bruno, qu’interprète avec superbe Vittorio Gassman, est un personnage plein de fêlures et de regrets (notamment autour de la paternité) qui ne sait vivre qu’aux crochets des autres. Un personnage qui pourrait vite devenir antipathique si le cinéaste, qui évite habilement la caricature, ne le décrivait comme quelqu’un de généreux et à la sincérité aussi désarmante que celle d’un enfant.

Porté par le parfait duo que forment Jean-Louis Trintignant et Vittorio Gassman, c’est surtout ce dernier qui emporte l’adhésion, même si sa performance est bien évidemment renforcée par le contraste de son jeu avec celui, plus délicat, de Trintignant. Second film (après le brillant Il Mattatore : L’homme aux cent visages) d’une riche collaboration entre Vittorio Gassman et Dino Risi, Le fanfaron relancera durablement la carrière de l’acteur italien tout en entrant directement au panthéon de la comédie à l’italienne, notamment grâce à sa surprenante conclusion. Un classique à l’humour intemporel qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie.