Affiche du film Man of Steel
Alors que sa planète est en train de mourir, un homme envoie son fils sur terre.
Dernier survivant de Krypton, le petit Kal-El va grandir et apprendre à vivre avec les hommes tout en leur dissimulant ses super pouvoirs. Jusqu’au jour où une menace, provenant de son monde d’origine, l’oblige à révéler sa présence afin de préserver l’humanité.
Au petit jeu des comparaisons, ce nouveau Superman surclasse par ses effets spéciaux bluffant les précédentes adaptations des aventures de l’homme d’acier. De la planète Krypton aux combats titanesques dans les rues de Smallville ou de Metropolis, tout est fait pour en mettre plein les mirettes aux spectateurs.
Malheureusement, Zack Snyder et sa mise en scène bulldozer transforment le super héros en super cogneur en oubliant de lui insuffler le charme et la fantaisie dont avait fait preuve, en 1978, le film de Richard Donner.
Il faut dire qu’avec le succès des Batman de Christopher Nolan (également producteur de cette remise au goût du jour de Superman), les super héros doivent aujourd’hui broyer du noir jusque dans leurs costumes et apprendre sur la tombe d’un être cher, comme ce fut le cas pour Peter Parker alias Spiderman, que de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités…
Man of Steel, plus qu’un remake, est surtout l’expression parfaite d’un produit cinématographique industriel et sans âme qui rabâche des formules toutes faites soi-disant destinées à attirer les foules.
Plus convaincant dans le rôle titre que le falot Brandon Routh du Superman Returns, Henry Cavill tente de donner une autre image de son personnage en portant une barbe, toute spartiate, durant le premier tiers du film. Peine perdue ! Dès qu’il endosse sa panoplie de héros, l’acteur devient glabre et dévoile ses faux airs de Christopher Reeves… En plus terne, comme son costume et le reste de la distribution.
Côté scénario, David S. Goyer ne nous épargne aucun poncif. Du sacrifice du père adoptif pour sauver… l’éternel clébard aux multiples références christiques estampillées du sceau de la bannière étoilée. Car oui, le film de Zack Snyder l’affirme bien haut : Superman est un dieu et il est américain ! Où qu’il se batte, même dans l’espace, il retombe toujours sur le sol des États-Unis et plus précisément à Métropolis.
La phrase qu’il lance à un général, inquiet de la puissance de ses pouvoirs, est d’ailleurs sans ambigüité :  » I grew up in Kansas, General ! I’m about as American as it gets!  » (J’ai grandi dans le Kansas, général ! Je suis aussi américain que possible ! « ). Phrase que la version française se charge bizarrement (ou ironiquement ?) d’entériner encore plus fort :  » J’ai grandi dans le Kansas, général ! Plus ricain que moi tu meurs !  »
Drôle de dieu, assurément, qui, en se battant, dévaste tout sur son passage et détruit des immeubles entiers sans venir en aide à personne. Mais se réveille soudain quand son ennemi, le général Zod, menace de tuer une gentille p’tite famille.
Adieu la poétique forteresse de cristal perdue dans les glaces, remplacée ici par un sinistre vaisseau de guerre.
Adieu la belle histoire d’amour entre Superman et Lois Lane, capable de faire tourner le monde à l’envers.
Devant la caméra agitée de Snyder, l’homme d’acier perd définitivement son cœur et son humanité au profit d’une éprouvante surenchère guerrière et numérique.