Affiche du film Django Unchained
Peu avant la guerre de Sécession, un chasseur de primes Allemand acquiert Django, un esclave, et offre de lui rendre sa liberté s’il l’aide à retrouver des meurtriers dont les têtes sont mises à prix.
En chemin, les deux hommes sympathisent et Django apprend rapidement les ficelles du métier. Son but une fois affranchi ? Retrouver sa femme, Broomhilda, vendue à la plantation du redoutable Calvin Candie.
Après le slasher (Boulevard de la mort) et le film de guerre (Inglourious Basterds), Quentin Tarantino poursuit son exploration des genres cinématographiques et s’attaque cette fois au western spaghetti comme le titre de son nouveau film le laisse entendre. Depuis ses débuts, le cinéaste n’a pas son pareil quand il s’agit de se réapproprier des genres tombés en désuétude.
Il fait presque mouche avec sa nouvelle production, apportant sa contribution à la longue liste hétéroclite des Django italiens, personnage créé en 1966 par Sergio Corbucci. Presque car, en copiste zélé, il use et abuse des effets de mise en scène – souvent lourdingues – de ses aînés (zooms répétés sur les visages à la moindre tension dramatique, flash-back approximatifs) sans parvenir à canaliser son engouement. Résultat, Django Unchained dure presque trois heures et se dilue (n’est pas Sergio Leone qui veut) dans une longue première partie bouffonne qui retarde à l’excès les choses sérieuses : la quête de la femme de Django. Même si quelques scènes réussies surnagent comme cette discussion hilarante et surréaliste autour des sacs que doivent porter sur le visage les membres d’un groupe du Ku Klux Klan.
Plus que de savoir faire court, Tarantino devrait surtout apprendre à se faire confiance car il n’a pas son pareil pour faire monter la tension dans une scène grâce à son art du dialogue, ici plus meurtrier que les duels aux pistolets. Les joutes verbales entre Leonardo DiCaprio et Christoph Waltz (tous deux fabuleux) comptent parmi les grands moments de ce film bancal… jusque dans sa distribution.
Car si les deux comédiens cités plus haut font des étincelles, il n’en va pas de même de tous leurs partenaires. Samuel L. Jackson, qui s’est fait pour l’occasion la tête de l’Uncle Ben, en fait des tonnes. Quant à Jamie Foxx, véritable erreur de casting, il confirme, comme dans Miami Vice, qu’il n’a que deux expressions sur son visage : l’une avec lunettes de soleil, l’autre sans. Un manque de charisme monumental qui plombe la crédibilité du personnage principal et augmente, paradoxalement, la nostalgie procurée par la brève confrontation entre ce Django d’opérette et le Django d’origine, Franco Nero.
Vivement que Quentin Tarantino se libère lui aussi de ses chaînes et retrouve l’efficacité et la concision de son meilleur film à ce jour : Reservoir Dogs.