Le mystère Andromède
De retour sur terre après un long voyage dans l’espace, un satellite s’écrase près d’une bourgade isolée qui ne donne plus signe de vie. Une équipe de scientifiques est envoyée sur place et découvre que la plupart des habitants sont morts, comme foudroyés sur place…
Impressionnant touche à tout que Robert Wise, toujours au service de ses sujets qu’il met en valeur par son art de la mise en scène et par ses judicieux choix esthétiques. Que ce soit dans la comédie musicale (West Side Story, La mélodie du bonheur), le film d’aventure (La canonnière du Yang-Tse), la science fiction (Le jour où la terre s’arrêta) ou le film d’horreur (son chef d’œuvre : La maison du diable) il fait preuve, à chaque fois, d’une déconcertante aisance.
Le mystère Andromède, s’il est moins connu que ses glorieux ainés, n’échappe pas à au savoir faire de Wise qui s’appuie sur un roman de Michael Crichton pour élaborer un film mêlant habilement science et anticipation. Ici, l’invasion extraterrestre est bactérienne et microscopique, donc beaucoup plus plausible et inquiétante qu’un déferlement d’engins venus d’un autre monde. Dans cet univers réaliste, pas de gros bras pour sauver le monde. Juste quelques scientifiques derrière leur microscope et, pour les incarner, des acteurs quasiment tous inconnus qui ancrent un peu plus le film dans le vraisemblable.
C’est là tout le génie de Wise : faire cohabiter des scènes fantastiques (la découverte du village contaminé par deux scientifiques vêtus, comme des extraterrestres, de combinaisons spatiales) avec des séquences quasi documentaires (présentant les protocoles de sécurité au sein d’un complexe top secret ainsi que les tests scientifiques destinés à étudier et contrecarrer la bactérie) pour mieux déstabiliser le spectateur. Le mélange des genres est détonnant car il angoisse et captive tout à la fois. Robert Wise privilégie d’ailleurs autant le fond que la forme en utilisant par exemple la technique de l’écran divisé (split screen : très à la mode dans les années 70) lors de l’exploration du la petite ville de Piedmont. Ce morcellement de l’image lors de la découverte des corps participe largement à la peur diffuse que véhicule le film.
Malgré quelques coups de théâtre inutiles (l’épilepsie d’un des scientifiques) et l’utilisation d’un matériel qui parait aujourd’hui complètement obsolète (quoique…) le film ne cesse malgré tout d’être innovant.
40 ans après sa sortie, Le mystère Andromède – et sa menace bactériologique – reste plus que jamais dans l’air du temps et l’un des plus angoissants films d’anticipation qui soit.

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