Nouvelle adaptation d’un jeu d’épouvante au cinéma, Silent Hill n’est pas la réussite horrifique espérée.
Et c’est bien dommage car visuellement le film tient ses promesses.
Trop peut-être ?
Entre la ville noyée sous une pluie de cendres et les incursions dans un monde parallèle rempli de créatures fantasmagoriques, le film est une suite presque ininterrompue d’images chocs.
Alors d’où vient que l’angoisse n’étreigne que très rarement le spectateur (ce qui est un comble pour ce type de film).
Sans doute parce qu’ici les images chocs riment aussi avec images tocs.
Ce monde parallèle où grouillent des êtres informes devient très vite ridicule à force d’excès.
Cerné par ses grillages et ses barbelés, il finit par ressembler à un club « sado-maso » où les pratiques auraient mal tourné. Les acteurs, au milieu de ce cauchemar, n’ont d’autres possibilités, pour tirer leur épingle du jeu, que de surjouer.
Finalement, le plus crispant dans tout ça, ce sont bien les cris de Radha Mitchell hurlant « Sharon » à longueur de bobines et la mise en scène boursouflée qui atteint des sommets de ridicule lors d’un final grandiloquent et creux.
A trop vouloir coller au jeu vidéo, Christophe Gans a oublié les préceptes de ses aînés : dans tout récit d’horreur, ce qui fait le plus peur, ce qui est terrifiant c’est ce que l’on ne voit pas, ce qui est suggéré. Ce que Lovecraft appelait « l’indicible » dans ses romans.
L’imagination du spectateur reste et restera toujours le meilleur effet spécial, il suffit de revoir La maison du diable de Robert Wise ou (sur le thème similaire de la ville fantôme) le méconnu L’antre de la folie de John Carpenter pour s’en persuader.