Film de guerre atypique, Enfants de salauds peut décevoir dans le sens où il n’offre pas aux spectateurs ce qu’ils sont venus chercher. A savoir : un casting prestigieux et des batailles spectaculaires.
C’est pourtant ce qui fait tout le prix de ce film.
Proche par le thème des 12 salopards de Robert Aldrich (des mercenaires doivent accomplir une mission suicide en territoire ennemi) Enfants de salauds s’en démarque tout d’abord par ses personnages. Ici pas de stars ni de numéros d’acteurs mais des comédiens au service de leur rôle.
Outre un mercenaire sans foi ni loi interprété par Nigel Davenport et un officier britannique pragmatique joué par Michael Caine (dont la présence solaire irradie la pellicule à l’instar de Peter O’Toole dans Lawrence d’Arabie), on remarque la présence de deux mercenaires homosexuels venant mettre à mal l’idée « virile » que l’on se fait du soldat.
Aux scènes de bravoure guerrière, André de Toth préfère privilégier un spectaculaire du quotidien, à taille humaine.
Ici, le suspense ne vient pas d’affrontements sanglants entre soldats mais de trois véhicules que les mercenaires tentent de hisser en haut d’une colline abrupte, d’une tempête de sable qui bloque les véhicules ou d’un outil piégé.
Pour le reste, la guerre est montrée sous son aspect le plus sordide : on viole, on tire dans le dos de l’ennemi, on lui tend des guets-apens ou, pire encore, on est trahi par les siens.
Quant aux scènes de combat, elles sont si vite menées qu’on n’y voit pas grand chose… Comme dans la réalité, je suppose !
Film résolument antimilitariste, Enfants de salauds dénonce avec lucidité le côté absurde et vain de toute guerre.