
Le suicide par pendaison d’un prêtre ouvre une porte de l’enfer qui libère des hordes de fantômes revanchards. Une médium et un journaliste font équipe pour la refermer avant la Toussaint.
Frayeurs peut être considéré comme le premier film d’horreur personnel de Lucio Fulci. L’enfer des zombies, tourné l’année précédente, était une œuvre de commande dont le succès orienta la carrière du cinéaste italien vers le macabre et le gore où il se fit une solide réputation. Comme l’indique le titre original (Paura nella città dei morti viventi / Peur dans la ville des morts-vivants), le sujet de Frayeurs est la peur. Pour ce faire, Fulci convoque Lovecraft (l’intrigue se passe à Dunwich, ville imaginaire sortie de l’imagination de l’écrivain américain) et tente de créer une ambiance horrifique en usant et abusant des brouillards nocturnes. Malheureusement, il ne retient aucune leçon des écrits du maître de l’indicible, ni de son compatriote Mario Bava (et de son magnifique Opération peur) qui suggéraient plus qu’ils ne montraient pour nous faire frissonner. Chez Fulci, c’est tout l’inverse. S’il marque les esprits, c’est surtout dans sa propension à tourner des séquences très sanguinolentes (considérées à l’époque comme extrêmes mais qui s’avèrent aujourd’hui bien sages comparées à certains films viandards en vogue) qui firent de lui l’un des promoteurs les plus influents du gore italien. Si la scène où l’héroïne se réveille enterrée vivante marque les esprits par son étrangeté, l’obsession du cinéaste pour la bidoche et les yeux exorbités d’une distribution plus qu’hétéroclite finit rapidement par lasser avant que le film ne sombre définitivement dans le ridicule de ses effets spéciaux datés.
Aujourd’hui, seuls les fans risquent de s’effrayer pour la forme tandis que les autres s’amuseront, pendant quelques minutes, de cette série Z poussive et de la ressemblance de Christopher George avec Arnold Schwarzenneger.
Je te trouve très dur avec ce Fulci. Pas revu depuis un moment, mais ce n’est pas pour rien que le maître italien a marqué l’histoire du genre. La bande-annonce révèle un talent indéniable sur les cadrages, la lumière, les ambiances… A recontextualiser dans le début des années 1980.
Bien sûr qu’il faut recontextualiser le film, mais il n’en reste pas moins que ce genre de productions horrifiques gore vieillit très mal à côté de films comme ceux de Mario Bava qui, eux, tiennent encore très bien la route. Dans l’horreur, la suggestion reste toujours plus efficace que l’étalage de chairs sanguinolentes. 🙂
Je peux te rejoindre sur le cinéma de Bava ou sur la force de la suggestion (‘Alien’), mais l’étalage de plans gore peut, parfois, verser dans un surréalisme jouissif tel que ‘l’Au-delà’.
Houlala, tu ne vas pas aimer ma critique, à venir, de l’Au-delà, alors. 😉 😭
Me voici prévenu… 😉
Comme Nico, je suis assez client de cette veine sanguinolente à l’italienne, surtout venant d’un grand baroque tel que Fulci. Il n’est certainement pas un grand directeur d’acteur, mais un formidable inventeur de plans devenus d’ailleurs iconiques. L’un de ceux de « Frayeurs » a même eu les honneurs d’une citation dans « Kill Bill 2 ».