Un éleveur de chevaux et sa sœur assistent à des phénomènes étranges dans leur ranch isolé situé au fin fond d’une vallée désertique. Alors que plusieurs disparitions de personnes sont signalées dans la région et que tombent d’étranges pluies d’objets mêlées à des bruits effrayants, OJ et Em détectent une présence invisible tapie dans les nuages au-dessus de leur propriété. Mais à trop regarder le ciel, ils risquent fort de l’avoir dans la raie (au propre comme au figuré).

Jamais deux sans trois. Après les surévalués et décevants Get Out et Us, Jordan Peele offre aux spectateurs sa nouvelle arnaque cinématographique qui tente de leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Ici, le scénario prend son temps pour nous faire croire à son intelligence. Il multiplie les scènes dialoguées pour ne rien dire (à l’image de l’inepte documentariste qui débite, de sa grosse voix qui fait peur, des sentences « flippantes et énigmatiques ») et il découpe le film en chapitres où se mêlent passé et présent, histoire de masquer la pauvreté du propos. Le cinéaste, tête en l’air, s’évertue même à développer des pistes qu’il prend un malin plaisir à ne pas exploiter jusqu’au bout, comme celles avec le chimpanzé Gordy qui comptent pourtant parmi les rares scènes inquiétantes d’un film qui ne l’est jamais vraiment. Pour le reste, Jordan Peele ne fait qu’exploiter les recettes habituelles de l’épouvante facile en multipliant les fausses alertes et en poussant à fond la bande-son afin de faire monter artificiellement la pression. De quoi rendre « raie-fractaire » le public le mieux disposé devant cette vaste fumisterie.

Les acteurs, tous à la ramasse, n’arrangent rien. Le frère taiseux et sa sœur grande gueule ne sont pas particulièrement attachants, obnubilés qu’ils sont de passer chez Oprah. Quant aux seconds rôles, réduits à leur plus simple expression, ils manquent singulièrement d’épaisseur, quand ils ne sont pas carrément ridicules comme ce « fameux » réalisateur de documentaires cité plus haut.
Devant ce film aussi creux que la baudruche céleste censée nous faire trembler, les distributeurs français auraient été bien inspirés de nous mettre en garde et de traduire le titre original par celui utilisé au Québec : Ben non. On ne peut être plus explicite !