Un couple avec enfant végète à Clermont-Ferrand. Mais monsieur, dessinateur de profession, est viré de son boulot. Alors madame lui laisse la garde de leur bébé pour aller, à son tour, travailler. Lentement, la routine et l’usure s’installe dans le couple. Madame va voir un psy aux pratiques de gourou tandis que monsieur passe ses nerfs en allant faire, chaque semaine, sa fête au voisin…

Ce premier film français de l’argentin Santiago Mitre a les mêmes symptômes que son précédent long métrage, El Presidente, thriller géopolitique qui était rapidement plombé par un manque patent de parti pris, une approche psychanalytique à deux balles et un final confus qui faisait lentement s’émousser l’intérêt. Il récidive cette fois dans le domaine de la comédie, tentant un nouveau mélange des genres qu’il n’arrive décidément pas à maîtriser. Sans parler de la présence anecdotique de Françoise Lebrun, dont on se demande à quoi sert le personnage, les deux interprètes principaux ne sont pas vraiment à la hauteur des ambitions du réalisateur. Daniel Hendler (mal à l’aise pour jouer en français ?) manque de charisme et Vimala Pons surjoue beaucoup pour tenter de déclencher un rire qui n’arrive quasiment jamais. Dommage, car cette histoire de meurtre sans fin ne manquait pas de piment, servie par les déconnantes prestations de Melvil Poupaud et de Sergi López, parfaits dans le registre de l’absurde. Au sortir de la salle, reste seulement en tête la musique de Sidney Bechet qui donne son titre au film. Un standard intemporel qui n’avait nul besoin du film de Santiago Mitre pour s’épanouir.