Lors d’une croisière sur le Nil, une fastueuse lune de miel tourne au vinaigre lorsqu’un vil crime est commis. Invité sur le fil par les jeunes mariés fébriles, Hercule Poirot, la moustache érectile, va se lancer dans une enquête difficile et pleine de périls, aussi fertile en suspects qu’en rebondissements.

Dotée d’une introduction inutile – séquence plutôt virile dans les tranchées de la première guerre mondiale – qui fera hausser du sourcil tout bon francophile devant la diction franchouillarde et puérile de Kenneth Branagh, cette nouvelle version de Mort sur le Nil ne fera pas oublier celle de John Guillermin sortie en 1978. Pourtant tout aussi volubile avec son casting qui rutile, le film de Branagh empile de façon malhabile les effets faciles sur fond vert et semble plus volatile, certains diront mercantile, même si on y trouve des crocodiles et toutes sortes d’espèces fluviatiles qui raviront les aquariophiles. Cette suite du Crime de l’Orient-Express, agrémentée de quelques scènes de danses lascives aussi débiles que peu subtiles, ravira, par contre, ceux qui se faisaient de la bile à l’idée de se farcir un nouveau spectacle pour gérontophiles. Heureusement, Gal Gadot et Emma Mackey ont de jolis profils.
Nul doute que certains cinéphiles déploreront que l’imagination fertile d’Agatha Christie ait toujours ce rendu fossile et que le cinéaste, qui se regarde souvent le nombril, fasse une fixation imbécile sur une moustache dont la pousse, sur une telle cicatrice, n’a pas dû être facile. Mais ces propos ne sont pas paroles d’évangile et ce style clinquant, où l’on sent le temps qui défile, ne sera peut-être pas, pour vous, si futile ? Ainsi soit-il.