Affiche du film Wild Wild West
1869. Deux agents secrets travaillant pour le président Grant (l’un bagarreur séduisant, l’autre inventeur et amateur de déguisements) traquent, à bord de leur train parcourant l’Ouest, un redoutable criminel adepte de spectaculaires machines de destruction massive.
Inspiré d’une série à succès des années 60, Wild Wild West tente d’en recycler la formule gagnante (mélange de western, d’espionnage à la James Bond, d’humour et de fantastique) sans jamais parvenir à convaincre. Une adaptation qui semble avoir été mise en chantier pour de mauvaises raisons : mettre en valeur le charme et l’humour de Will Smith associé à un partenaire indésirable avec qui il va devoir composer.
C’est donc plutôt vers Men In Black que lorgne Barry Sonnenfeld sans avoir vraiment réfléchi au matériel d’origine. James West le bagarreur séducteur du petit écran devient au cinéma un séducteur blagueur faisant de l’ombre à Artemus Gordon qui œuvre dans le même registre. Trop d’humour tue l’humour à tel point que le cinéaste finit par perdre de vue l’aspect fantastique qui faisait aussi le charme des aventures de ces deux espions, lui substituant un univers S.F. à la Jules Verne – à base d’extraordinaires engins à vapeur – qui sert plus de décorum que de véritable moteur à une intrigue très superficielle.
La musique du générique fait plus datée que celle d’époque et la partition d’Elmer Bernstein est décevante. Will Smith fait du Will Smith, Kenneth Branagh cabotine et Salma Hayek joue la jolie potiche de service. Seul Kevin Kline est parfait dans son répertoire.
Quelle déception de voir que l’Ouest, sa nuit et ses mystères ont disparu au profit d’un univers tape à l’œil aussi clinquant et toc que les dorures d’un bordel ou d’un saloon de Disneyland.
Qu’ils reposent en paix.