
Venise, 1716. L’Ospedale della Pietà recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Dissimulées au public, souvent masquées ou derrière une grille, l’orchestre de jeunes filles se produit pour les riches mécènes de l’institution. Cécilia, 20 ans, y excelle en tant que violoniste. Jusqu’au jour où l’arrivée d’un nouveau maître de musique, Antonio Vivaldi, vient bousculer sa vie et celle de l’Ospedale.
Vivaldi et moi s’inscrit parfaitement dans ce « Printemps » (traduction du titre original : Primavera) du cinéma italien qui semble s’imposer depuis quelque temps sur les écrans avec l’arrivée de nouveaux cinéastes comme Gabriele Mainetti ou Andrea Di Stefano.
Premier film de Damiano Michieletto – metteur en scène de renom spécialisé dans l’opéra – Vivaldi et moi séduit d’emblée par la beauté de ses images qui opposent les clairs-obscurs de l’institution pour jeune fille à la clarté des scènes tournées en extérieur. Filmé avec une indéniable rigueur formelle, le long métrage se pare d’un certain classicisme sans jamais tomber dans le piège de l’académisme dont il se joue grâce à des scènes surprenantes, comme cette partie de Colin-maillard pendant une réception officielle.
Vivaldi et moi séduit également par la diversité de ses thématiques qui en font plus qu’une simple biographie cinématographique d’un célèbre compositeur. Compositeur qui se voit, finalement, habilement relégué au second plan pour mettre en avant la jeune Cécilia. Éminemment politique, le film se penche surtout sur l’émancipation d’une jeune fille et son éveil au monde grâce à la musique, tout questionnant la place des femmes dans la société italienne du 18ᵉ siècle et les rapports de l’art avec le pouvoir.
Abordant une époque et un compositeur finalement méconnus (saviez-vous que Vivaldi était prêtre ?), Vivaldi et moi ne manque ni d’intérêt ni de charme, emporté par les superbes compositions du maestro italien, parfaitement mises en valeur, ainsi que par une distribution irréprochable où domine la prestation de Tecla Insolia dans le rôle principal.
Ne passez pas à côté de cette œuvre aux accents printaniers, véritable régal pour les yeux et les oreilles.