Affiche du film Le corniaud
Un gentil naïf, sur le point de partir en vacances, se fait détruire sa voiture par un filou qui, pour se faire pardonner, lui propose de rapatrier, tous frais payés, une Cadillac de Naples à Bordeaux. Ce que le naïf ne sait pas, c’est que la rutilante voiture qu’il doit convoyer dissimule de l’or, de la drogue, des pierres précieuses et le plus gros diamant du monde : le Youkounkoun.
C’était l’époque où les voitures pouvaient fumer du pot d’échappement sans inquiéter personne, où l’on pouvait jeter sans scrupule une batterie de voiture dans la mer sans se soucier de la pollution et où une jeune femme appréciant le naturisme passait pour une allumeuse. C’est aussi l’époque où Gérard Oury se lançait dans la comédie en associant aux courses poursuites automobiles, alors en vogue dans les comédies, le thème du couple mal assorti dont il allait se faire une spécialité.
Pari, en partie, réussi grâce à l’ingénieux tandem qu’il compose pour l’occasion en opposant Bourvil à de Funès. Le premier dans son registre habituel de naïf au grand cœur qui – peu à peu – se rebiffe, l’autre dans le rôle du colérique autoritaire qui allait définitivement assoir sa popularité auprès du grand public. La star en devenir prend rapidement l’ascendant sur son célèbre partenaire en développant un humour moderne – fait d’absurde (la fameuse scène des douches au camping ou celle de l’arbre creux) et de situations comiques parfaitement chorégraphiées (la réparation express de la Cadillac sur un air de Rossini) – autour d’un personnage antipathique que sa prestation virevoltante parvient à rendre attachant.
Pari « presque » réussi car les deux acteurs ont finalement peu de scènes en commun, ce qui ne permet pas à Gérard Oury de tirer pleinement parti du potentiel comique de leur confrontation. Le cinéaste corrigera astucieusement le tir, avec succès, pour son film suivant : La grande vadrouille.