Affiche du film Personal Shopper
Maureen, une jeune américaine, travaille à Paris comme acheteuse de mode pour une célébrité « people ». Un métier ennuyeux qui lui permet de subsister en attendant que l’esprit de son frère jumeau, disparu quelques mois plus tôt, réussisse à entrer en contact avec elle.
Avec Personal Shopper, Olivier Assayas s’aventure dans l’univers du fantastique et, plus particulièrement, dans celui du film de fantômes. Une immersion aussi intrigante qu’angoissante soutenue par une mise en scène efficace lorsqu’elle s’attache aux déambulations nocturnes de l’héroïne dans une grande demeure isolée et déserte. Les mouvements de caméra, le travail sur les ombres et la lumière ainsi que l’importance donnée à la bande son, qui tout à coup s’incarne, forment un ensemble cohérent qui contribue à faire naître le malaise.
Une tension que le cinéaste ne parvient pas, hélas, à garder constante.
Car plutôt que de se concentrer sur la quête de son héroïne et de poursuivre dans cette veine viscérale, Assayas se disperse dans une approche cérébrale qui tente d’explorer différents niveaux de lecture qu’il ne parvient jamais à assembler, donnant au film un aspect artificiel.
Lorsque le réalisateur oppose le monde des esprits à celui de la mode, qui en manque cruellement, on voit surtout un prétexte pour jouer à la poupée avec la starlette Kristen Stewart – pas vraiment convaincante – qu’il se plaît à déshabiller ou à rhabiller de façon sexy.
Quand il fait bifurquer son récit vers un thriller cousu de fils blancs, où pointe la critique des nouveaux moyens de communication – ici les textos – avec lesquels certains n’hésitent pas à se dévoiler, psychologiquement et physiquement, devant de parfaits inconnus. Une intrigue qu’il évacue d’ailleurs à la sauvette, d’un revers de caméra, lors d’une scène énigmatique à la sortie d’un hôtel où il n’y a sans doute pas grand-chose à comprendre.
Et que penser de cet extrait de téléfilm soi-disant trouvé sur internet ? Sinon que Benjamin Biolay, peu crédible dans le rôle de Victor Hugo, peine surtout à articuler son texte.
Cette accumulation de pistes devient, entre deux dialogues creux, l’aveu d’impuissance d’un scénario ectoplasmique qui – à l’image de Maureen – se cherche et finit par revenir à son point de départ, comme un mauvais gag. Décevant.