Affiche du film A cause, à cause d'une femme
Le beau Rémi s’amuse d’une femme à l’autre.
De Lisette à Agathe, de Nathalie à Chloé.
Mais à force de trop jouer, d’un meurtre l’une d’elle va l’accuser.
Pour sortir de ce mauvais pas, il doit à tout prix prouver son innocence.
A la recherche du coupable, il va croiser Cécilia et sa douce insouciance.
A cause d’elle, plus rien ne sera jamais pareil…
Pour sa troisième collaboration avec sa scénariste et dialoguiste Nina Companeez, Michel Deville aborde le genre policier mais en l’adaptant à son style et à son goût pour les chassés croisés amoureux.
Sa mise en scène, souvent ludique, commence vraiment à s’exprimer ici, à coups d’ellipses savamment orchestrée et de mouvements de caméra brillamment composés. Le tout emballé par un montage vif et inventif. L’amusante course poursuite au rythme d’un concerto de Mozart – où Lisette (Mylène Demongeot) tente d’échapper à la surveillance d’un policier, joué avec une joyeuse bonhommie par Louis Velle – est représentative du style du cinéaste qui commence aussi à avoir recours aux grands compositeurs classiques.
On retrouve également dans A cause, à cause d’une femme des thématiques qui, depuis Ce soir ou jamais, deviennent récurrentes : la danse, les miroirs… Et toujours, chez Deville, l’importance du jeu des regards.
Bref, rien n’est laissé au hasard et tout concourt à mettre en valeur le talent des interprètes. Si Mylène Demongeot sort enfin de ses rôles de jolies blondes sensuelles pour nous offrir un numéro plein d’espièglerie, ce sont surtout les prestations de Juliette Mayniel et de Marie Laforêt qui retiennent l’attention par leurs savoureuses ambiguïtés. (On est encore loin, toutefois, de la troublante perversité à l’œuvre chez ces dames dans les films du cinéaste à partir des années 70).
Dans le rôle principal, Jacques Charrier séduit autant qu’il agace par la désinvolture de son personnage. Même si, par petites touches, le cinéaste parvient à le rendre attachant en charmeur découvrant enfin l’amour.
Photo de Cécilia riant sous la pluie
Il faut dire que Jill Haworth est magnifique et que la mise en scène de Deville sait la sublimer à l’image de cette scène où elle apparaît à Rémi sur le balcon d’un hôtel battu par la pluie.
Finalement, seuls les amateurs de polar pur et dur ne trouveront pas leur compte devant cette sympathique, quoiqu’un peu mièvre, fantaisie policière où plane étrangement, par instant, une certaine tristesse, comme le laissent entendre les vers de Verlaine qui ont inspiré le titre : « Ô triste, triste était mon âme
A cause, à cause d’une femme. »

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