Affiche du film Samba
Quand Samba rencontre Alice ce sont deux solitudes qui se croisent et s’apprivoisent.
L’un est sénégalais et vit depuis 10 ans en France, enchaînant les petits boulots dans l’espoir d’obtenir, un jour, des papiers qui régulariseront sa situation.
L’autre tente de se sortir d’une grave dépression professionnelle en faisant du bénévolat dans une association d’aide aux sans-papiers.
Leur rencontre, teintée d’humour, ne sera pas sans heurts…
C’est avec un magnifique plan séquence que débute le nouveau film des réalisateurs d’Intouchables. Un long plan qui démarre comme un hommage au Cotton Club de Francis Ford Coppola lors d’un fastueux repas de mariage et se termine dans les cuisines du restaurant où des sans-papiers font la plonge. Un raccourci saisissant et réussi qui fait entrer immédiatement le spectateur au cœur du sujet. Celui de l’exploitation des clandestins, utiles au bon fonctionnement de notre société lorsqu’il s’agit de faire des travaux ingrats mais remplaçables au moindre contrôle de police.
Un thème grave que les deux cinéastes abordent avec légèreté rappelant les grandes heures de la comédie italienne qui n’avait pas son pareil pour traiter avec humour les sujets les plus graves.
Dommage que l’ensemble du film ne soit pas à l’image de la première séquence et s’étire sur près de deux heures, notamment pour développer l’histoire d’amour entre Samba et Alice qui finit par traîner en longueur à force d’hésitations.
La dernière demi-heure n’arrange rien, trop prévisible dans son déroulement et mettant étrangement de côté deux personnages importants.
Des faiblesses heureusement compensées par la qualité de l’interprétation.
Omar Sy, touchant, s’impose ici avec douceur dans un registre plus sobre qu’à l’accoutumée tandis que Tahar Rahim abandonne les rôles sombres pour laisser éclater une indéniable énergie comique.
Mais c’est surtout Charlotte Gainsbourg qui enchante. Rayonnante et drôle, elle rappelle – pour ceux qui auraient oublié Prête-moi ta main – qu’elle peut aussi exceller dans l’humour.
A noter également le soin apporté aux dialogues qui sonnent constamment juste, notamment lors des scènes se déroulant à l’association d’aide aux sans-papiers.
Moins aboutie qu’Intouchables, le nouveau film du tandem Toledano/Nakache a le mérite, tout comme le récent Hippocrate, de distraire intelligemment sans prendre son public pour des crétins. Cela fait du bien…

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La chanson du strip-tease de Tahar Rahim : Jorge Ben : Take it easy my brother Charlie.

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